Paul Nsapu alerte sur les risques liés à l’émergence du Front pour la Refondation de la Nation

Paul Nsapu met en garde contre les risques liés à la création du FRN.

 

Le président de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH-RDC), Paul Nsapu, met en garde contre les conséquences potentielles de la création du Front pour la refondation de la nation (FRN) sur la sécurité des populations et les efforts de paix en République Démocratique du Congo (RDC). 

Annoncée le 12 octobre 2026 à Goma, cette nouvelle coalition politico-militaire est présentée comme étant dirigée par l’ancien président Joseph Kabila. Elle rassemble notamment des figures associées à l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et au Mouvement du 23 mars (M23). Ses initiateurs affirment vouloir fédérer les forces opposées au pouvoir de Félix Tshisekedi.

S’exprimant en marge de la 89e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), à Dakar, Paul Nsapu rappelle que toute recomposition politico-militaire doit être appréciée au regard de ses conséquences sur les droits fondamentaux. La CNDH-RDC souligne qu’aucune revendication politique ne peut justifier des violences contre les civils.

Cette alerte intervient alors que les initiateurs du FRN invoquent notamment l’article 64 de la Constitution congolaise. Pour l’institution, aucune disposition constitutionnelle ne saurait légitimer des atteintes aux droits humains.

Les civils au cœur des préoccupations sécuritaires

Face à cette nouvelle configuration, Paul Nsapu appelle les acteurs politiques, institutionnels et armés à privilégier le dialogue et les mécanismes pacifiques de règlement des différends. Il insiste également sur le respect des engagements en faveur du cessez-le-feu et la préservation des processus de paix en cours.

La Commission rappelle que les autorités congolaises ont l’obligation de protéger la population sur l’ensemble du territoire national. Dans l’Est, les conflits continuent d’exposer les communautés aux déplacements forcés, aux violences sexuelles, au recrutement d’enfants, aux atteintes à la vie ainsi qu’à la destruction des biens et des moyens de subsistance.

Pour la CNDH-RDC, aucune évolution politique ou militaire ne devrait aggraver les souffrances des populations déjà affectées par les hostilités.

Justice et libertés fondamentales : le combat contre l’impunité

Au-delà des impératifs sécuritaires, Paul Nsapu plaide pour le renforcement des enquêtes indépendantes, la poursuite des auteurs présumés de violations graves et la protection des victimes et des témoins. Il soutient également la mise en œuvre de mécanismes de justice transitionnelle et de réparation.

La Commission insiste sur la nécessité de préserver l’espace civique, notamment la liberté d’expression, la liberté de la presse, le droit de réunion pacifique et la protection des défenseurs des droits humains. Elle encourage la majorité et l’opposition à privilégier le dialogue et les voies légales de résolution des différends.

En marge de la session de la CADHP, l’institution congolaise appelle aussi à une coopération renforcée entre les organismes africains de défense des droits humains, notamment pour le partage d’expériences, l’alerte précoce et la documentation des violations.

Pour Paul Nsapu, une paix durable en RDC ne peut se limiter à l’arrêt des combats. Elle doit reposer sur la justice, la vérité, la réparation, la démocratie et le respect de la dignité humaine.

Glodie Mungaba 

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