Ray Lema, de Kinshasa à Paris, un parcours nourri par les racines congolaises

Ray Lema, musicien congolais installé à Paris, reste attaché à ses racines.

 

Le musicien, compositeur, chanteur et multi-instrumentiste congolais Ray Lema incarne un parcours musical ouvert sur le monde, sans rupture avec ses racines. De ses premières expériences musicales à Kinshasa à sa carrière internationale, l’artiste continue de porter un regard attentif sur le patrimoine musical de la République Démocratique du Congo (RDC).

 

Né en RDC et installé à Paris, Ray Lema a construit une carrière marquée par la rencontre des sonorités africaines et des influences venues d’autres horizons. Son parcours commence notamment par l’apprentissage de la musique dans un environnement religieux, avant de prendre une autre direction.

Dans un entretien accordé en 2021 à BRUZZ , le média bruxellois néerlandophone par le journaliste belgo-congolais Glodie Mungaba, l’artiste avait raconté les difficultés rencontrées à ses débuts pour accéder aux instruments de musique à Kinshasa.

« Lorsque je suis revenu du petit séminaire, il était très difficile de trouver un piano à Kinshasa. Un instrument aussi coûteux n’était pas à la portée de tout le monde. Lorsqu’une personne m’a offert une guitare, j’ai commencé à en jouer », expliquait-il.

Cette expérience illustre les obstacles auxquels pouvaient être confrontés les jeunes désireux de se consacrer à la musique. Elle témoigne également de la capacité de l’artiste à explorer différents instruments et à développer progressivement son identité musicale.

La rumba congolaise, un patrimoine à préserver

Au-delà de son parcours personnel, Ray Lema s’intéresse à la place de la musique dans la mémoire collective congolaise. La rumba, devenue un marqueur culturel majeur de la RDC, demeure un héritage dont la transmission nécessite une attention particulière.

Parmi les œuvres emblématiques de cette histoire musicale figure « Indépendance Cha Cha », chanson associée à l’indépendance du Congo en 1960 et popularisée par Joseph Kabasele, dit Grand Kallé, et son groupe African Jazz.

L’artiste a également souligné l’importance de rendre hommage aux figures qui ont façonné cette histoire, notamment Franco Luambo Makiadi, l’un des grands noms de la musique congolaise.

« Je trouve important de lui rendre cet hommage », déclarait-il à propos de cette démarche de reconnaissance.

Un secteur musical qui mérite davantage d’investissements

Pour Ray Lema, la valorisation du patrimoine musical ne peut se limiter à la célébration des artistes et des œuvres du passé. Elle suppose aussi de créer des conditions favorables à l’émergence de nouveaux talents.

La formation, l’accès aux instruments, l’encadrement professionnel et les infrastructures culturelles constituent autant de leviers susceptibles de renforcer l’industrie musicale congolaise.

Dans cette perspective, le musicien estime que les pouvoirs publics ont un rôle à jouer : « Le gouvernement congolais doit investir davantage dans le secteur musical ».

Cette préoccupation rejoint les défis auxquels sont confrontés de nombreux artistes en RDC, notamment en matière de production, de diffusion et de structuration de leur carrière.

À travers son parcours international, Ray Lema rappelle ainsi que la musique congolaise possède une histoire riche et une capacité de rayonnement qui dépassent les frontières nationales. La préservation de cet héritage passe autant par la reconnaissance des pionniers que par l’accompagnement des générations appelées à renouveler la création musicale.

Glodie Mungaba

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