Kamerhe met Kabila face à son bilan de 18 ans au pouvoir
Kamerhe à Kabila : « On n’efface pas son propre bilan en accusant son successeur ».
Vital Kamerhe appelle Joseph Kabila à assumer son héritage politique, rejette la rébellion comme mode d’accès au pouvoir et réaffirme son soutien à Félix Tshisekedi, sur fond de tensions sécuritaires persistantes en République Démocratique du Congo (RDC).
« On n’efface pas son propre bilan en accusant son successeur. » Par cette formule, Vital Kamerhe interpelle l’ancien président congolais Joseph Kabila sur ses responsabilités après 18 années à la tête de la RDC.
Dans une déclaration diffusée en vidéo, le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) estime que l’ancien chef de l’État ne peut se désolidariser des difficultés actuelles du pays sans rendre compte de son propre parcours au pouvoir.
« Vous ne pouvez pas vous présenter aujourd’hui comme un homme étranger aux blessures de notre peuple, sans responsabilité dans ses fragilités, sans comptes à rendre sur son histoire », a-t-il déclaré.
Pour Vital Kamerhe, les 18 années de gouvernance de Joseph Kabila auraient dû permettre de renforcer les capacités de l’armée, de consolider les institutions, de stimuler le développement économique et de mieux protéger les populations, au regard des ressources naturelles et de la position stratégique de la RDC.
L’ancien président de l’Assemblée nationale appelle ainsi à une lecture de l’histoire politique congolaise qui tienne compte des responsabilités de chaque dirigeant, plutôt qu’à une mise en cause exclusive du pouvoir actuel.
« Une nouvelle aventure armée » à éviter
Au-delà du bilan de l’ancien chef de l’État, Vital Kamerhe s’oppose à toute tentative de conquête du pouvoir par les armes. Il rappelle que les conflits successifs ont lourdement affecté les populations, entre familles endeuillées, enfants privés d’école, violences contre les femmes et déplacements forcés. « On ne répare pas le destin d’un pays en lui imposant une nouvelle aventure armée », a-t-il insisté.
Selon lui, les rébellions qui se sont succédé en RDC n’ont pas apporté les garanties de sécurité, de justice et de prospérité attendues par les Congolais. Il plaide dès lors pour une rupture avec ce cycle de violences, qui continue de fragiliser le pays. Le dirigeant de l’UNC estime également que ceux qui prétendent agir au nom du peuple doivent répondre des conséquences humaines de leurs décisions.
Kamerhe réaffirme son soutien à Tshisekedi
Sur le plan politique, Vital Kamerhe a renouvelé son soutien au président Félix Tshisekedi, estimant que l’évolution de la situation sécuritaire confirme, à ses yeux, la pertinence des mises en garde du chef de l’État face aux menaces contre la République. Il appelle à rassembler les forces politiques et sociales autour de la défense de la souveraineté nationale, de l’intégrité territoriale et de l’ordre constitutionnel.
Pour l’ancien speaker de la chambre basse du Parlement, l’unité nationale constitue un impératif dans un contexte marqué par les tensions et les divisions. Il invite les Congolais, au-delà de leurs appartenances politiques, à privilégier une mobilisation pacifique et responsable. « La défense de la République est une responsabilité commune », a-t-il souligné.
Pour des revendications sans les armes
Vital Kamerhe appelle enfin la classe politique à rejeter la rébellion comme moyen d’accéder au pouvoir et à privilégier les voies pacifiques pour faire valoir les revendications politiques.
Il plaide également pour un dialogue susceptible de poser les bases d’une paix durable et d’un développement effectif, plutôt que de prolonger le cycle des conflits suivis de nouvelles négociations. « Nous devons tous rejeter la rébellion comme mode d’accès au pouvoir », a-t-il martelé.
À ses yeux, la RDC a besoin de dirigeants capables de dépasser leurs intérêts personnels pour préserver l’essentiel : la Nation, son unité et son intégrité territoriale. Il défend l’idéal d’un pays où les quelque 450 communautés ethniques évoquées dans sa déclaration pourraient vivre ensemble dans la paix, la convivialité et le respect mutuel.
À travers cette prise de position, Vital Kamerhe place ainsi le débat sur deux terrains : la responsabilité des anciens dirigeants dans l’histoire politique du pays et le refus de la violence armée comme instrument de conquête du pouvoir.
Glodie Mungaba

