Macron à Damas : la France rouvre le dialogue avec la nouvelle Syrie
Emmanuel Macron – président de la République française. Auteur : Union européenne. Source https://newsroom.consilium.europa.eu/events/20250306-special-european-council-march-2025
Premier dirigeant occidental à se rendre en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad, Emmanuel Macron veut accompagner la transition politique et réaffirmer les ambitions diplomatiques de Paris au Moyen-Orient.
En foulant le sol syrien, Emmanuel Macron ouvre une nouvelle séquence dans les relations entre Paris et Damas. Arrivé lundi soir dans la capitale syrienne, le président français devient le premier chef d’État d’une grande puissance occidentale à effectuer une visite officielle depuis la chute de Bachar al-Assad et l’arrivée au pouvoir du président Ahmad al-Chareh. Un déplacement à forte portée symbolique, qui traduit la volonté de la France de reprendre langue avec les autorités issues de la transition après plus d’une décennie de rupture diplomatique.
Attendu jusqu’à mardi, le chef de l’État français souhaite défendre l’idée d’une « Syrie libre, plurielle et respectueuse de toutes ses composantes », tout en encourageant les dirigeants syriens à jouer un rôle de modération dans un Moyen-Orient toujours marqué par de profondes tensions, selon l’Élysée.
À son arrivée à l’aéroport international de Damas, Emmanuel Macron a été accueilli par le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani. Pour des impératifs de sécurité, la présidence française avait gardé ce déplacement confidentiel jusqu’à l’atterrissage de l’avion présidentiel. Malgré l’ouverture d’une phase de transition, le contexte sécuritaire demeure fragile. Jeudi encore, un attentat à la bombe visant un café de la capitale a fait dix morts, illustrant la persistance des défis auxquels le pays reste confronté.
Ce déplacement marque un tournant dans les relations franco-syriennes. Aucun président français ne s’était rendu à Damas depuis les visites de Nicolas Sarkozy en 2008 et 2009. Les liens avaient été rompus après la répression du soulèvement populaire de 2011 par le régime de Bachar al-Assad, prélude à treize années de guerre civile.
À Damas, les autorités en place voient dans cette visite un signe de leur réintégration progressive sur la scène internationale. L’agence officielle Sana l’a qualifiée d’« historique », estimant qu’elle constitue « une étape charnière » dans le rétablissement de la présence diplomatique de la Syrie. Selon elle, ce déplacement ouvre une nouvelle page des relations franco-syriennes, fondée sur le respect mutuel et un partenariat équilibré.
Au-delà de sa dimension politique, le voyage comporte un volet patrimonial. Emmanuel Macron doit remettre aux autorités syriennes plusieurs objets archéologiques prêtés à la France en 2010, avant le déclenchement du conflit. Un geste destiné à illustrer la volonté des deux capitales de relancer une coopération qui dépasse le seul cadre diplomatique.
Scrutée avec attention par les partenaires européens comme par les puissances régionales, cette visite pourrait servir de baromètre pour mesurer les perspectives d’une normalisation progressive entre la Syrie de l’après-Assad et les capitales occidentales.
La Rédaction / MM2.

