À Paris, Chantal Yelu Mulop érige la culture en levier de puissance pour l’Afrique
Par Glodie Mungaba, Paris
À la Maison de l’UNESCO, la coordonnatrice des services spécialisés de la Présidence de la République démocratique du Congo a défendu une vision du soft power africain fondée sur la transmission culturelle, le leadership féminin et l’autonomisation de la jeunesse.
Dans le cadre majestueux de la Maison de l’UNESCO, la culture africaine s’est invitée, vendredi 3 juillet 2026, au cœur des débats sur l’avenir du continent.
Réunis autour du thème « Transmettre pour exister », responsables politiques, diplomates et représentants de la société civile ont échangé sur le rôle de la culture comme instrument d’influence, de cohésion et de développement.
Parmi les voix attendues, celle de Chantal Yelu Mulop, coordonnatrice des services spécialisés du Président de la République Démocratique du Congo en charge de la jeunesse, de la lutte contre les violences faites aux femmes et de la traite des personnes. Son intervention a porté un message clair : pour l’Afrique, la culture ne relève pas uniquement du patrimoine ou du rayonnement international, elle constitue désormais un enjeu stratégique de sécurité, de paix et de souveraineté.
« La culture n’est pas un loisir. Elle est un bouclier. Elle n’est pas un décor. Elle est une arme de construction massive. » Chantal Yelu Mulop.
Faire de la culture un instrument de résilience
Dans un continent encore confronté aux conflits armés et aux violences sexuelles, la responsable congolaise a rappelé que la transmission des savoirs, des récits et des traditions demeure un puissant facteur de reconstruction. Selon elle, les femmes africaines occupent une place centrale dans ce processus en préservant la mémoire collective et en recréant les liens sociaux mis à mal par les crises.
Elle a ainsi appelé à inscrire pleinement la culture dans les politiques de paix et de sécurité, estimant que les femmes ne doivent plus être perçues uniquement comme des victimes, mais comme des actrices de premier plan de la diplomatie et de la réconciliation.
« Elles ne sont pas de simples victimes ; elles sont les sentinelles de notre mémoire et les véritables architectes de la paix. »
Miser sur la jeunesse pour renforcer le soft power africain
L’autre pilier de son intervention a porté sur la jeunesse, présentée comme la première richesse du continent. Pour Chantal Yelu Mulop, investir dans les industries culturelles et créatives revient à offrir des perspectives économiques aux jeunes tout en luttant contre la migration irrégulière, la traite des personnes et les réseaux criminels.
Elle a défendu une vision de la souveraineté culturelle qui passe par la capacité des Africains à raconter eux-mêmes leur histoire et à faire entendre leur voix sur la scène internationale. Une ambition qu’elle a inscrite dans la dynamique impulsée, selon elle, par le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui fait du leadership féminin et de la jeunesse deux axes majeurs du rayonnement de la République démocratique du Congo.
« La diplomatie de l’avenir s’écrira avec le génie, la force et la dignité des femmes et des jeunes d’Afrique. »
En conclusion, la responsable congolaise a lancé un appel à dépasser la simple conservation du patrimoine pour faire de la transmission culturelle un véritable projet politique. « Transmettre pour bâtir. Transmettre pour dominer nos propres récits. Transmettre pour éclairer le monde de demain », a-t-elle exhorté, invitant les États africains à faire de leur héritage culturel un moteur d’influence et de développement.

