Félix Tshisekedi ouvre la voie à un débat sur un troisième mandat et le calendrier électoral
Le président rdcongolais Félix Tshisekedi.
À Kinshasa, le président congolais Félix Tshisekedi a évoqué mercredi la possibilité d’une révision constitutionnelle pouvant permettre un troisième mandat, tout en laissant entendre que l’élection présidentielle prévue en 2028 pourrait être reportée.
Élu en 2018 et réélu en 2023, le chef de l’État, âgé de 62 ans, est actuellement dans son second mandat, conformément à la Constitution qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Pourtant, il n’a pas exclu une évolution du cadre légal à l’avenir.
S’exprimant sur la question, il a affirmé ne pas avoir demandé de troisième mandat, tout en disant qu’il respecterait la volonté populaire. Selon lui, toute réforme institutionnelle devrait passer par un référendum.
La situation sécuritaire au cœur du calendrier électoral
Abordant l’échéance électorale de 2028, le président a conditionné son organisation à l’évolution de la situation sécuritaire dans l’Est du pays. Dans cette région, plusieurs zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent sous l’influence du groupe armé M23, soutenu selon Kinshasa par le Rwanda.
Il a estimé qu’il serait difficile d’organiser un scrutin dans ces conditions, soulignant que l’absence de ces provinces, parmi les plus peuplées et stratégiques du pays, remettrait en cause la crédibilité du processus électoral. Il a toutefois précisé qu’un éventuel report ne résulterait pas d’un refus de sa part.
Le président a également réitéré sa position selon laquelle le conflit actuel aurait été imposé à la RDC par son voisin rwandais, rappelant que certaines forces rwandaises ont récemment été sanctionnées par les États-Unis pour leur implication présumée aux côtés du M23.
Des tensions politiques persistantes
Sur le plan institutionnel, toute révision de la Constitution congolaise nécessite soit un référendum, soit une adoption parlementaire à une majorité qualifiée. La majorité présidentielle dispose actuellement d’une large domination au sein du Parlement.
Dans ce contexte, l’opposition accuse depuis plusieurs mois le pouvoir en place de chercher à prolonger son maintien au pouvoir. Elle considère qu’une éventuelle modification de la Constitution visant à ouvrir la voie à un troisième mandat constituerait une dérive grave du processus démocratique.
Mosesglo

