Affaire Lumumba : la famille maintient sa demande de vérité après la mort d’Étienne Davignon
La famille de l’ancien Premier ministre congolais Patrice Lumumba affirme vouloir poursuivre sa démarche judiciaire et historique, malgré le décès de l’ancien diplomate belge Étienne Davignon, selon un communiqué parvenu dans votre média, MM2.
Elle estime que la disparition de l’ex-diplomate belge met fin aux poursuites pénales visant sa personne, sans pour autant remettre en cause, selon elle, les avancées obtenues dans ce dossier judiciaire.
La famille insiste sur le fait que la recherche de la vérité et des responsabilités ne saurait être interrompue par la mort d’un mis en cause, et réaffirme sa volonté de poursuivre les procédures engagées depuis plusieurs années.
Elle rappelle notamment la décision rendue le 17 mars 2026 par la chambre du conseil de Bruxelles, qui avait renvoyé l’ancien responsable belge devant le tribunal correctionnel, une étape présentée comme majeure dans une affaire ouverte depuis environ quinze ans.
Un dossier lié aux événements de 1961
L’enquête concerne des faits présumés liés à l’arrestation, au transfert et aux conditions de détention de Patrice Lumumba, ainsi que de ses compagnons Maurice Mpolo et Joseph Okito, avant leur exécution le 17 janvier 1961.
D’après les éléments de la procédure, le parquet fédéral avait demandé des poursuites pour des infractions assimilées à des crimes de guerre, évoquant notamment une détention illégale, un transfert forcé, l’absence de procès équitable et des traitements dégradants.
Les avocats de M. Davignon avaient contesté la décision du 17 mars en interjetant appel. Une audience prévue le 8 juin devant la chambre des mises en accusation devait statuer sur la suite du dossier, désormais rendue sans objet après son décès.
De possibles actions civiles contre l’État belge
La famille Lumumba indique également envisager de nouvelles initiatives judiciaires au civil, y compris contre l’État belge, estimant qu’une reconnaissance de responsabilité juridique reste nécessaire, au-delà des déclarations politiques déjà formulées en 2001.
L’assassinat de Patrice Lumumba, premier chef de gouvernement du Congo indépendant, demeure un épisode central et controversé de l’histoire postcoloniale et des relations entre la RDC et la Belgique. Une commission parlementaire belge avait reconnu en 2001 une responsabilité morale de l’État dans ce drame.

