Ebola en RDC : 131 décès suspects recensés, l’Ituri reste l’épicentre

 

 

Les autorités sanitaires congolaises ont livré mardi un nouveau point de situation sur l’épidémie d’Ebola qui sévit dans le nord-est du pays, où la province de l’Ituri apparaît comme principal foyer de contamination.

 

Selon le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Roger Kamba, 513 cas suspects et 131 décès ont été recensés dans les zones touchées. Il a toutefois insisté sur la prudence nécessaire dans l’interprétation de ces chiffres, précisant que l’ensemble des décès signalés ne sont pas encore formellement attribués au virus, des vérifications étant toujours en cours.

Une épidémie encore difficile à circonscrire dans l’est du pays

Six zones sanitaires sont désormais concernées, dont Mongbwalu et Rwampara, identifiées comme épicentres en Ituri, ainsi que Bunia et Nyankunde dans la même province. La propagation a également atteint le Nord-Kivu, avec des cas signalés à Butembo-Katwa et Goma.

Les autorités tentent de contenir une flambée liée à la souche dite « Ebola Bundibugyo », présentée comme moins létale que la souche Zaïre, responsable notamment de la grande épidémie de 2018-2020. La République démocratique du Congo, qui en est à sa 17ᵉ résurgence documentée, dispose d’une expérience accumulée dans la gestion de ces crises sanitaires récurrentes.

Pour les autorités, la dynamique actuelle s’explique en partie par des retards de détection et des résistances communautaires. Le ministre a notamment évoqué des perceptions erronées de la maladie, parfois assimilée à des causes mystiques, ce qui aurait freiné les premières réponses sanitaires et favorisé la diffusion du virus.

Cette nouvelle flambée intervient dans un pays où l’histoire d’Ebola remonte à 1976, lors de la première épidémie identifiée à Yambuku, dans l’ancienne province de l’Équateur. Depuis, plusieurs épisodes majeurs ont marqué le pays, dont celui de 2018-2020 qui avait causé plus de 2 000 morts dans l’est.

Pour le directeur de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), Jean-Jacques Muyembe, la souche en circulation serait génétiquement distincte des précédentes vagues de Bundibugyo observées en 2007 et 2012, et résulterait d’un passage récent depuis un réservoir animal.

Entre fragilités communautaires et réponse sanitaire expérimentée

Au-delà de la réponse médicale, les autorités sanitaires insistent sur la nécessité de renforcer l’ancrage communautaire des dispositifs de surveillance, considéré comme un maillon déterminant pour améliorer la détection précoce des cas et limiter les chaînes de transmission.

L’Organisation mondiale de la santé recommande, de son côté, des mesures classiques de prévention : hygiène des mains, isolement rapide des cas suspects, protection du personnel soignant et encadrement strict des pratiques funéraires, souvent identifiées comme des moments à haut risque de contamination.

Glodie Mungaba

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