« Trop de morts, trop de silence » : la diaspora congolaise dénonce l’agression rwandaise en RDC

Des membres de la diaspora congolaise manifestent dans les rues de Bruxelles, le 25 mai 2026, pour dénoncer les violences dans l’est de la RDC et appeler à une mobilisation internationale en faveur de la paix. © Glodie MUNGABA.

 


Par la rédaction Afrique / GM.

Des membres de la diaspora congolaise ont manifesté lundi 25 mai dans les rues de Bruxelles pour dénoncer les violences persistantes dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) et interpeller la communauté internationale sur ce qu’ils qualifient d’« agression rwandaise » menée depuis plus de trois décennies.

Organisée sous le thème « Ensemble, unissons-nous pour soutenir les victimes du génocide au Congo », cette marche pacifique s’est déroulée devant plusieurs institutions européennes de la capitale belge. Drapeaux congolais à la main, les manifestants ont scandé des slogans appelant à la paix, à la justice et à la protection des populations civiles dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, théâtre de violences armées récurrentes.

Dans le cortège, pancartes et banderoles dénonçaient les massacres, les déplacements massifs de populations ainsi que l’exploitation illégale des ressources naturelles de la RDC. Les organisateurs disent vouloir attirer l’attention de l’opinion internationale sur une crise sécuritaire qui continue d’alimenter une catastrophe humanitaire majeure dans l’Est du pays.

Robert Vangu, représentant de l’UDPS/Benelux, participant à la mobilisation de la diaspora congolaise à Bruxelles contre les violences dans l’Est de la République démocratique du Congo. © Glodie MUNGABA.

« Nous sommes venus faire une marche pour une cause noble du Congo. Cela fait trente ans que cela dure et cela doit s’arrêter », a déclaré Robert Vangu, représentant de l’UDPS/Benelux. « Les familles sont déracinées, brisées. Nous voulons que la paix revienne au Congo », a-t-il ajouté.

Une diaspora mobilisée pour le Kivu

Parmi les personnalités présentes figurait également l’écrivain et conteur congolais Pie Tshibanda. Pour lui, cette mobilisation est avant tout un acte de solidarité envers les populations meurtries par les conflits armés.

« Notre marche, c’est pour exprimer notre solidarité envers le peuple congolais et nos frères et sœurs du Kivu qui ont tant souffert », a-t-il affirmé. « Nous avons suffisamment enterré des morts. Maintenant, il nous faut la paix. »

Plusieurs intervenants ont également dénoncé ce qu’ils considèrent comme des campagnes de désinformation autour du conflit opposant la RDC aux rebelles du M23, groupe armé que Kinshasa accuse d’être soutenu par Kigali.

Gisèle Mandaila, conseillère communale à Etterbeek, a exprimé son indignation face aux violences perpétrées dans l’Est du pays, évoquant notamment les violences sexuelles commises contre les femmes dans les zones de conflit.

« Le corps de la femme est devenu un champ de bataille », a-t-elle déclaré, dénonçant également « des tentatives de manipulation » visant, selon elle, à brouiller la perception du conflit auprès des institutions européennes.

Des membres de la diaspora congolaise réunis à Bruxelles lors d’une marche de solidarité avec les populations de l’Est de la RDC. © Glodie MUNGABA.

« Nous avons besoin de la paix au Congo »

 

La manifestation a aussi été marquée par des appels au soutien des Forces armées de la RDC (FARDC) et des populations locales engagées contre les groupes armés actifs dans l’est du pays.

« Nous sommes venus ici pour défendre nos terres », a affirmé Papitsho Tshamala, un manifestant interrogé en lingala. « Les Congolais sont debout aujourd’hui pour soutenir nos compatriotes de l’Est. »

Les organisateurs ont expliqué que cette mobilisation visait également à dénoncer ce qu’ils considèrent comme une « récupération abusive » de l’identité congolaise ainsi que les violences persistantes dans l’Est de la RDC.

Depuis plusieurs mois, la diaspora congolaise multiplie les actions de plaidoyer en Europe et en Amérique du Nord afin d’exiger une implication plus forte de la communauté internationale dans la recherche d’une solution durable à la crise sécuritaire qui secoue l’Est du pays.

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