« Il faut aller vers les couches les plus vulnérables pour transmettre la vraie information », alerte le Dr M’BUY MULIEL Antoinette

Dr M’BUY MULIEL Antoinette, Conseillère en charge des Actions sociales, Santé communautaire et Résilience humanitaire au ministère des Affaires sociales. Elle est engagée dans la mobilisation communautaire contre Ebola en RDC.

 

Face à la résurgence de la maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo, en République Démocratique du Congo, les acteurs sociaux et humanitaires plaident pour une réponse davantage ancrée dans les communautés.

 

Le Dr M’BUY MULIEL Antoinette, conseillère en charge des Actions sociales, Santé communautaire et Résilience humanitaire au ministère des Affaires sociales, insiste sur l’importance de la proximité, de la sensibilisation et de l’implication des populations dans la lutte contre l’épidémie.

 

Déclarée le 15 mai 2026 en RDC, cette nouvelle flambée d’Ebola intervient dans un contexte marqué par les déplacements de populations, l’insécurité dans certaines zones et des défis humanitaires persistants. Pour les acteurs engagés dans la riposte, la réponse sanitaire doit dépasser les centres de traitement et s’appuyer sur un travail permanent auprès des communautés.

 

La proximité au cœur de la riposte

Pour le Dr M’BUY MULIEL Antoinette, la première bataille reste celle de l’information. La sensibilisation de terrain permet de lutter contre les fausses croyances, de promouvoir les mesures de prévention et d’encourager une prise en charge rapide des personnes présentant des signes suspects.

« Il faut aller vers les couches les plus vulnérables afin de passer la vraie information concernant les attitudes et comportements face à l’épidémie du virus Ebola. », souligne la conseillère en charge des Actions sociales, Santé communautaire et Résilience humanitaire au ministère des Affaires sociales. 

La stratégie communautaire, selon elle, repose notamment sur trois priorités : renforcer la sensibilisation et les bonnes pratiques d’hygiène, favoriser le dépistage précoce et la recherche active des cas suspects, mais aussi assurer un accompagnement psychosocial des familles et des communautés touchées.

Au-delà de la mobilisation des équipes médicales, le secteur social et humanitaire joue un rôle essentiel dans la création d’un climat de confiance. Les relais communautaires, les travailleurs médico-sociaux et les leaders locaux deviennent des intermédiaires indispensables entre les populations et les structures de santé.

Le travail de proximité doit également concerner les lieux stratégiques de circulation, notamment les ports, les aéroports et autres points d’entrée, tout en impliquant les responsables communautaires, les coopératives et les différentes corporations.

« Les populations doivent être associées aux décisions prises pendant une épidémie. C’est de cette manière qu’elles deviennent des partenaires sûrs et actifs de la réponse sanitaire. », rappelle-t-elle.

 

 

Rassurer pour mieux vaincre Ebola

Pour les acteurs de terrain, la confiance demeure un facteur déterminant. Les échanges réguliers avec les communautés permettent de répondre aux interrogations, de dissiper les inquiétudes et d’encourager les consultations précoces.

Une prise en charge rapide des cas suspects augmente les chances de guérison et réduit les risques de propagation du virus. L’implication des acteurs médico-sociaux locaux contribue également à rassurer les familles et à améliorer l’adhésion aux mesures sanitaires.

« Plus les patients acceptent les consultations précoces, plus les chances de guérison augmentent avant les complications. L’engagement communautaire garantit une réponse sanitaire efficace et humaine. », explique le Dr M’BUY MULIEL. 

 

Dans la lutte contre Ebola, la RDC mise sur une approche où la médecine, l’action sociale et la mobilisation communautaire avancent ensemble. Pour les acteurs de la riposte, informer, écouter et impliquer les populations reste la clé d’une réponse durable face à cette nouvelle menace sanitaire.

 

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