Guinée : 68 ans après, les acteurs de l’indépendance à l’honneur

Le président guinéen Mamadi Doumbouya à bord d’un véhicule militaire lors du défilé marquant les 68 ans de l’indépendance de la Guinée, à Conakry.

 

Le 2 octobre 1958, la Guinée devenait indépendante, quatre jours après avoir rejeté, par référendum, le projet de Communauté franco-africaine proposé par le général Charles de Gaulle. Le « non » avait recueilli plus de 95 % des suffrages.

Soixante-huit ans plus tard, Conakry a commémoré cette page majeure de son histoire. Le président Mamadi Doumbouya a notamment rendu hommage aux figures nationales à la Place des Martyrs, avant d’assister à un grand défilé civilo-militaire et paramilitaire sur le Boulevard de la Nation.

Placée sous le thème « S’inspirer du passé pour construire ensemble l’avenir : notre jeunesse », la célébration a réuni les institutions, les forces de défense et de sécurité, des organisations socioprofessionnelles ainsi que des acteurs de la société civile et du monde culturel.

Une mémoire au-delà de Sékou Touré

En marge des cérémonies officielles, une exposition installée sur les rives du lac Gbassikolo, près du Palais du peuple, met en lumière plusieurs personnalités de la lutte pour l’indépendance.

Parmi elles figurent notamment le dramaturge Fodéba Keita, l’homme politique Saïfoulaye Diallo, le syndicaliste Koumandian Keita et la militante Loffo Camara. Les parcours de Diawadou Barry et d’Ibrahima Barry III y occupent également une place importante.

Si Ahmed Sékou Touré demeure la figure centrale de l’indépendance guinéenne, cette exposition rappelle que la rupture avec la France s’est construite autour d’une mobilisation politique plus large. Diawadou Barry et Ibrahima Barry III, alors issus de courants politiques concurrents du Parti démocratique de Guinée-Rassemblement démocratique africain (PDG-RDA), avaient finalement rejoint le camp du « non » lors du référendum de septembre 1958.

Après l’indépendance, ils intégreront le gouvernement de Sékou Touré avant d’être, comme plusieurs autres responsables politiques de l’époque, accusés de complot et exécutés sous le régime du parti unique.

À travers cette exposition, les autorités guinéennes mettent ainsi en avant une mémoire plus collective de l’indépendance. Une manière de rappeler, 68 ans après le 2 octobre 1958, le rôle de plusieurs générations de militants, responsables politiques, syndicalistes et acteurs culturels dans la marche de la Guinée vers la souveraineté.

Glodie Mungaba

About The Author