8 ans après, Kofi Annan demeure une voix pour la paix!
Kofi Annan s'adressant aux médias, après la réunion du groupe d'action pour la Syrie, le 30 juin 2012 à Genève.
Kofi Annan, l’un des grands visages de la diplomatie internationale, s’est éteint le 18 août 2018 à Berne, en Suisse, à l’âge de 80 ans. Huit ans après sa disparition, l’ancien secrétaire général des Nations unies demeure associé à une certaine idée du dialogue, de la paix et du multilatéralisme.
Kofi Atta Annan naît le 8 avril 1938 à Kumasi, au Ghana. Il étudie à l’Université scientifique et technologique de Kumasi, puis poursuit ses études d’économie au Macalester College, dans le Minnesota, aux États-Unis, où il obtient sa licence en 1961. La même année, il rejoint l’Institut universitaire de hautes études internationales de Genève pour des études supérieures en économie.
En 1962, Kofi Annan entre dans le système des Nations unies comme fonctionnaire chargé des questions administratives et budgétaires à l’Organisation mondiale de la santé, à Genève. Il occupera ensuite plusieurs fonctions au sein de l’ONU, notamment à la Commission économique pour l’Afrique, au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et au siège de l’organisation à New York.
Le premier Africain subsaharien à diriger l’ONU
Le 1er janvier 1997, Kofi Annan prend officiellement ses fonctions comme septième secrétaire général des Nations unies. Il devient ainsi le premier secrétaire général à être issu des rangs du personnel de l’organisation. Son premier mandat s’achève le 31 décembre 2001. Le 29 juin 2001, l’Assemblée générale le réélit par acclamation pour un second mandat, qui commence le 1er janvier 2002 et s’achève le 31 décembre 2006.
À la tête de l’ONU, il place notamment au cœur de son action la réforme de l’organisation, le maintien de la paix et de la sécurité internationales, la défense des droits humains et le renforcement de la coopération entre les États.
Le Nobel de la paix
Le 12 octobre 2001, le Comité Nobel norvégien annonce l’attribution du prix Nobel de la paix 2001 à Kofi Annan et à l’Organisation des Nations unies, pour leur travail en faveur d’un monde mieux organisé et plus pacifique.
La distinction lui est officiellement remise à Oslo, le 10 décembre 2001. Kofi Annan devient alors l’un des rares secrétaires généraux de l’ONU à recevoir cette prestigieuse distinction pendant son mandat.
L’homme derrière le diplomate
Derrière le diplomate et le haut fonctionnaire international se trouvait aussi un homme attaché à sa famille.
En 1965, Kofi Annan épouse Titi Alakija, issue d’une famille nigériane. Le couple a deux enfants, Kojo et Ama, avant de se séparer à la fin des années 1970.
En 1984, il épouse en secondes noces Nane Lagergren, juriste et diplomate suédoise. Ensemble, ils auront une fille, Nina. Kofi Annan et Nane resteront unis jusqu’à la disparition du diplomate ghanéen.
Après avoir quitté ses fonctions de secrétaire général le 31 décembre 2006, Kofi Annan ne se retire pas de la vie internationale. Il continue d’intervenir dans plusieurs crises et missions de médiation.
En 2012, il est notamment nommé envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue des États arabes pour la crise syrienne. Il poursuit également ses activités en faveur de la paix, de la démocratie et des droits humains à travers la Fondation Kofi Annan.
Un héritage qui dépasse l’Afrique
Le 18 août 2018, Kofi Annan s’éteint à Berne, en Suisse, à l’âge de 80 ans. Les Nations unies saluent alors la mémoire d’un homme qui avait consacré une grande partie de sa vie au service de l’organisation et de la paix.
Né au Ghana, devenu secrétaire général des Nations unies et lauréat du prix Nobel de la paix, Kofi Annan aura incarné une Afrique présente au cœur des grands débats internationaux.
Son parcours reste celui d’un diplomate qui a privilégié la négociation au rapport de force et le dialogue à la confrontation. Une voix africaine devenue mondiale, dont l’héritage continue de nourrir la réflexion sur la paix, la coopération internationale et la dignité humaine.
Glodie Mungaba

