RDC : « Nous devons écrire notre propre histoire », plaide la princesse Songye Ytal Mwena Lumpungu

Ytal Mwena Lumpungu invite à préserver et transmettre l'héritage culturel Songye.

 

La princesse Songye Ytal Mwena Lumpungu a lancé un vibrant appel à la transmission de l’histoire, des traditions et des valeurs culturelles aux jeunes générations, estimant qu’il s’agit de la principale condition pour préserver le patrimoine ancestral du peuple Songye, dans la province du Lomami.

Pour la notable, la sauvegarde de l’identité culturelle congolaise passe avant tout par une meilleure connaissance de son propre passé.

« Nous sommes devenus prisonniers de l’histoire des autres, ignorant la nôtre. La culture est l’arme la plus puissante dont un peuple dispose pour défendre sa liberté. Nous devons retourner dans nos familles, poser des questions, produire des contenus pédagogiques, écrire notre propre histoire et soutenir les recherches consacrées à notre patrimoine », a-t-elle déclaré.

 

Un héritage à préserver

Se présentant comme Ndalamumba (princesse) du Royaume Lumpungu, Ytal Mwena Lumpungu a expliqué que son engagement s’inscrit dans la continuité d’une histoire familiale et collective marquée par de lourdes responsabilités.

« L’histoire des Lumpungu porte encore une blessure vive. Ma mission est un devoir qui se doit d’être exécuté à la hauteur du nom que j’ai hérité », a-t-elle affirmé.

Selon elle, les autorités coutumières demeurent les premiers gardiens de la mémoire collective et jouent un rôle déterminant dans la préservation des langues, des traditions et des valeurs ancestrales.

« Les autorités coutumières sont les premiers garants de la culture et des traditions. Elles constituent le premier rempart contre l’effacement de notre mémoire, de nos langues et de nos traditions », a-t-elle soutenu, plaidant pour un rapprochement entre les chefs coutumiers et les communautés afin de faciliter la transmission des savoirs.

 

Un patrimoine encore insuffisamment documenté

La princesse a également regretté le manque de publications scientifiques et historiques consacrées à la civilisation Songye, malgré la renommée internationale de son patrimoine artistique.

Elle estime que les connaissances relatives à la spiritualité, à la philosophie, à l’organisation sociale et à l’histoire de ce peuple restent encore trop peu documentées.

« Bien que l’art Songye soit mondialement reconnu, les écrits consacrés à sa spiritualité, sa philosophie, son organisation sociale et son histoire demeurent relativement rares. Préserver notre patrimoine, c’est transmettre une vision du monde, des langues, des valeurs et des savoirs qui constituent le socle de notre identité collective », a-t-elle expliqué.

Un appel à la jeunesse et aux partenaires culturels

S’adressant à la jeunesse congolaise, Ytal Mwena Lumpungu l’a invitée à renouer avec ses racines et à redécouvrir l’histoire de sa famille, de sa communauté et de son peuple.

Elle a également exhorté les pouvoirs publics à investir dans une éducation décoloniale, capable de réconcilier les jeunes générations avec leur patrimoine culturel.

La princesse a, par ailleurs, lancé un appel aux mécènes, aux institutions et aux acteurs culturels afin qu’ils accompagnent les travaux de recherche, les publications et les initiatives destinées à mieux faire connaître les savoirs traditionnels.

Dans cette dynamique, elle a annoncé l’organisation, en septembre prochain à Kabinda, d’un événement mémoriel marquant le 90ᵉ anniversaire de l’exécution de Mfumu Yakaumbu Kamanda Lumpungu. Des conférences et des expositions sont également prévues en République démocratique du Congo et à l’étranger pour promouvoir et valoriser la richesse de la culture Songye.

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