Au CENAPHI, Ève Bazaiba face aux défis d’un établissement en perte de vitesse
Une visite qui a mis en lumière les nombreuses difficultés auxquelles est confronté cet établissement historique.
Poursuivant sa tournée d’inspection des structures placées sous sa tutelle, la ministre d’État en charge des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaiba Masudi, s’est rendue le 11 juin au Centre national d’apprentissage des handicapés physiques et invalides (CENAPHI), dans la commune de Kasa-Vubu (Kinshasa).
Accueillie par la direction générale du centre, la ministre a entamé sa visite par les espaces de stockage destinés aux dons de matériels médicaux et aux biens de première nécessité utilisés dans le cadre des interventions humanitaires. Accompagnée de plusieurs responsables de son administration, dont le secrétaire général aux Actions humanitaires et le directeur général de la Caisse nationale de solidarité et de gestion humanitaire des catastrophes (CNS-GH), elle a ensuite parcouru les différents services du centre.
Un établissement historique en quête de renouveau
Sur le terrain, le constat est préoccupant. Plusieurs unités fonctionnent au ralenti, tandis que d’autres ont cessé leurs activités depuis plusieurs années. Fondé en 1964, le CENAPHI a longtemps constitué une référence nationale dans la formation et l’accompagnement des personnes vivant avec handicap. Aujourd’hui, l’établissement peine à remplir pleinement sa mission, confronté à une combinaison de difficultés financières, de dégradation des infrastructures et d’insuffisance des moyens opérationnels.
La visite a également révélé l’état de vétusté avancé de certains bâtiments ainsi qu’un manque d’entretien de plusieurs espaces de travail. Autre réalité observée : l’occupation de certaines parties de la concession par des structures privées. Selon les responsables du centre, cette situation répond à une nécessité économique, les revenus locatifs constituant l’une des rares sources permettant d’assurer le fonctionnement minimal de l’institution.
Gouvernance et redressement au cœur des priorités
Au-delà du diagnostic matériel, Ève Bazaiba a tenu à échanger directement avec les agents et les personnes vivant avec handicap qui travaillent au sein du centre. Une manière, selon son entourage, de mieux cerner les blocages qui freinent le développement de l’établissement et d’identifier les pistes susceptibles d’en favoriser la relance.
À l’issue de cette visite, la ministre d’État a annoncé la tenue prochaine de séances de travail approfondies avec les différents services du CENAPHI. L’objectif : établir un état des lieux exhaustif, comprendre les causes structurelles des dysfonctionnements observés et envisager des mesures de redressement adaptées.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer la gouvernance des établissements publics relevant du secteur social. Le CENAPHI, qui abrite notamment la Direction de coordination et de réadaptation des personnes vivant avec handicap ainsi que plusieurs services liés à la solidarité nationale, demeure un maillon important du dispositif public de prise en charge des personnes vulnérables en République démocratique du Congo. Pour les autorités, sa revitalisation apparaît désormais comme un enjeu à la fois social et institutionnel.
– Glodie Mungaba

