Patrimoine public en péril : Bazaïba et Ngefa unissent leurs forces contre les spoliateurs
À Kinshasa, les ministères des Affaires sociales et de la Justice renforcent leur offensive pour protéger les domaines de l’État destinés aux populations vulnérables.
Face à la multiplication des cas présumés de spoliation des biens publics, le gouvernement congolais accélère la riposte. La ministre d’État en charge des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Eve Bazaïba Masudi, a reçu ce lundi son homologue de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, pour jeter les bases d’une collaboration renforcée autour de la sécurisation du patrimoine immobilier de son ministère.
Au cœur de cette rencontre : des concessions publiques occupées ou revendiquées par des particuliers et des structures privées, alors qu’elles abritent des infrastructures essentielles à l’action sociale de l’État, notamment des centres sociaux, des centres de formation et des espaces dédiés à l’accompagnement des personnes vulnérables.
« Ces biens ne sont pas de simples terrains : ils constituent des outils indispensables à la mise en œuvre de la politique sociale de l’État », a souligné Guillaume Ngefa, rappelant l’importance stratégique de ces patrimoines pour les communautés bénéficiaires.
Le ministre d’État à la Justice a également fait savoir que plusieurs dossiers feront l’objet d’un examen approfondi dans le cadre de la concertation gouvernementale consacrée à la lutte contre la spoliation. Cette plateforme devra permettre aux institutions concernées de coordonner leurs actions et de trouver des solutions durables.
« La protection du patrimoine public exige une réponse ferme, organisée et collective », a déclaré Guillaume Ngefa, annonçant par ailleurs des initiatives judiciaires visant les dossiers déjà signalés aux autorités compétentes.
De son côté, la ministre Bazaïba Masudi poursuit les opérations de terrain afin d’identifier les menaces pesant sur les biens de son ministère. Quelques heures avant cette rencontre, elle s’était rendue sur la concession de la Fondation Marie-Antoinette, située à Limete, où elle a constaté la situation et engagé les premières démarches pour renforcer la sécurisation de ce patrimoine.
« Nous devons préserver ces espaces qui appartiennent à l’État et qui sont avant tout destinés aux citoyens les plus fragiles », a insisté la ministre des Affaires sociales.
Entre action administrative, mobilisation judiciaire et suivi sur le terrain, les deux ministres affichent désormais une volonté commune : mettre fin à la perte progressive des domaines publics et garantir que ces biens continuent de servir leur vocation sociale.
Glodie Mungaba

