Ouganda : Museveni prolonge son règne avec un septième mandat

Yoweri Museveni lors de son investiture, le 12 mai 2026, à Kampala.

 

Le président ougandais, âgé de 81 ans, a prêté serment mardi 12 mai à Kampala devant plusieurs leaders africains. Une cérémonie pensée comme une démonstration de stabilité régionale, malgré les critiques persistantes de l’opposition et les contestations autour du scrutin présidentiel.

 

À 81 ans, Yoweri Museveni a été investi pour un septième mandat à la tête de l’Ouganda, prolongeant un règne entamé il y a quarante ans. À Kampala, la cérémonie, marquée par une forte présence militaire et diplomatique, a donné à voir un chef d’État soucieux de défendre son héritage politique autant que son rôle dans les équilibres régionaux.

Sous un soleil écrasant, au rythme des défilés militaires et des salves protocolaires, le président ougandais a longuement revendiqué le bilan de ses quatre décennies au pouvoir. Face à une population dont une large partie n’a pas connu les violences et l’instabilité des années précédant son arrivée en 1986, Yoweri Museveni a présenté son maintien au pouvoir comme le garant de la stabilité du pays, déclarant : « Aujourd’hui, nous célébrons le développement de l’Ouganda et la puissance de notre armée ».

Vêtu de son traditionnel chapeau de paille et d’une chemise blanche, le chef de l’État a également insisté sur le rôle de l’armée dans la consolidation de l’État ougandais. Dans un hommage appuyé à la Tanzanie, il a salué l’action de l’ancien président Julius Nyerere, présenté comme l’un des artisans des fondations politiques et sécuritaires de l’Ouganda contemporain, tout en soulignant la présence de la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan.

La cérémonie a réuni plusieurs dirigeants africains, parmi lesquels Félix Tshisekedi pour la République Démocratique du Congo, le président burundais Évariste Ndayishimiye, ainsi que les chefs d’État somalien, sud-soudanais et mozambicain. Washington avait également dépêché un représentant du département d’État américain.

Félix Tshisekedi à l’investiture de Yoweri Museveni à Kampala.

Derrière cette démonstration de continuité politique, certains signes traduisaient toutefois une atmosphère plus contrastée. Dans les rues du centre de Kampala, l’affluence est restée limitée en dehors des sympathisants du Mouvement de résistance nationale (NRM), le parti présidentiel. L’opposition avait choisi de boycotter l’investiture, continuant de dénoncer un scrutin présidentiel contesté. Sur les réseaux sociaux, la contestation s’exprimait aussi à bas bruit, certains messages affirmant simplement : « Je n’ai pas voté pour Museveni ».

Quarante ans après son arrivée au pouvoir, Yoweri Museveni demeure ainsi l’une des figures les plus durables du paysage politique africain, entre continuité institutionnelle revendiquée et critiques persistantes sur l’essoufflement démocratique du pays.

Glodie Mungaba

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