À Banjul, Kinshasa accuse Kigali de violations massives des droits humains dans l’Est de la RDC

Samuel Mbemba, ministre congolais des Droits humains, a dénoncé à Banjul les violences dans l’Est de la RDC.

 

Devant la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, le ministre congolais des Droits humains, Samuel Mbemba, a dénoncé les exactions attribuées à l’armée rwandaise et à ses alliés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Kinshasa appelle les États africains à se mobiliser face à une crise sécuritaire qui continue de ravager l’est de la République Démocratique du Congo. (RDC).

La RDC a une nouvelle fois porté la situation sécuritaire dans l’Est du pays devant les instances africaines. À l’occasion de la 87ᵉ session de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), organisée du 11 au 20 mai à Banjul, en Gambie, le ministre congolais des Droits humains, Samuel Mbemba, a dénoncé les violences commises dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, en partie sous contrôle rebelle.

Devant les représentants des États membres, le ministre a mis en cause l’armée rwandaise et ses supplétifs, accusés par Kinshasa d’être responsables d’exactions contre les populations civiles. Il a appelé à une « prise de conscience africaine » face à une crise qui continue de déstabiliser l’est de la RDC.

Dans une intervention au ton grave, Samuel Mbemba a évoqué des violations « massives et systématiques » des droits humains dans les zones occupées, qualifiant ces actes de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, « voire de génocide ».

Le ministre s’est appuyé sur un rapport des autorités congolaises couvrant une année d’occupation de Goma, Bukavu et de leurs environs. Selon ce document, 17 015 cas d’atteintes à la vie et à l’intégrité physique auraient été recensés, parmi lesquels 15 769 atteintes à la vie et 829 enlèvements.

« Une femme est violée toutes les quatre minutes », a également déclaré Samuel Mbemba à la tribune de la CADHP, en appelant les États africains à renforcer leur mobilisation en faveur d’un retour à la paix dans la région des Grands Lacs.

 

Et, malgré les alertes répétées de Kinshasa, la crise dans l’Est de la RDC continue de s’enliser dans une inquiétante indifférence.

Glodie Mungaba

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