Miguel Masaisai, le dernier retour du cycliste qui pédalait pour la paix
La dépouille de Miguel Masaisai, le jeune cycliste congolais qui avait entrepris de relier Goma à Rabat pour porter un message de paix, lors de son rapatriement à Kinshasa, vendredi 25 septembre 2026. © ACP Hans Liandja.
La dépouille de Miguel Masaisai, jeune cycliste congolais de 23 ans mort le 18 septembre dans un accident de la circulation au Congo-Brazzaville, a été rapatriée vendredi à Kinshasa. Celui qui avait entrepris de relier Goma à Rabat à vélo pour porter un message de paix est désormais attendu pour un dernier hommage national.
Il était parti à vélo. Il est revenu dans un cercueil recouvert du drapeau de la République démocratique du Congo, à bord d’un canot rapide traversant le fleuve Congo. Vendredi 25 septembre, la dépouille de Miguel Masaisai a regagné Kinshasa, près d’une semaine après la mort du jeune athlète à Ouesso, dans le nord du Congo-Brazzaville.
Au Beach Ngobila, l’émotion était palpable. Des proches, des responsables sportifs et des membres de la communauté cycliste se sont mobilisés pour accueillir celui dont le périple avait suscité l’attention bien au-delà du monde du sport.
Une délégation congolaise, conduite notamment par des représentants du ministère des Sports, du Conseil national de la jeunesse (CNJ), de la Fédération congolaise de cyclisme (FECOCY) et de la famille, avait suivi depuis Brazzaville les démarches nécessaires au rapatriement.
Un projet interrompu à mi-chemin
À seulement 23 ans, Miguel Masaisai avait choisi le vélo comme moyen de porter un message. Son projet « Pedals for Peace » — « Pédaler pour la paix » — devait le conduire de Goma, sa ville natale, jusqu’à Rabat, au Maroc. À travers ce long parcours, il voulait appeler à la fin de la guerre et promouvoir la paix en République démocratique du Congo.
Son itinéraire s’est brutalement interrompu le 18 septembre à Ouesso. Victime d’un accident de la circulation, le jeune cycliste n’a pas survécu.
Selon les témoignages rapportés après sa disparition, Miguel avait été contraint de prendre un taxi après une panne technique de son vélo, alors qu’il poursuivait son périple. C’est sur cette route que son destin a basculé.
« Notre objectif était que cette semaine, on se retrouve au Cameroun et qu’après, au mois de novembre, on se retrouve à Rabat. Malheureusement, Miguel s’est arrêté à mi-chemin », a témoigné Jean-Claude Mbuyi, président du Conseil national de la jeunesse.
Une communauté cycliste en deuil
À Kinshasa, la communauté cycliste, qui avait accompagné plusieurs étapes de son aventure, s’est également retrouvée autour de sa dépouille. Pour ceux qui l’avaient vu arriver vivant dans la capitale au fil de son parcours, le retour du jeune homme dans un cortège funèbre a été particulièrement douloureux.
« Voir une personne que vous avez accompagnée jusqu’au but de l’aller et, à son retour, la voir accompagnée dans un corbillard… ça fait tellement mal », témoigne un cycliste présent lors du rapatriement.
Au siège du Conseil national de la jeunesse, une vidéo montrant Miguel vivant, lors de son arrivée à Kinshasa dans le cadre de son projet, a été projetée durant la cérémonie de recueillement.
Pour la FECOCY, sa disparition constitue une lourde perte pour le cyclisme congolais et pour le pays. Son chargé de communication, Olivier Mbuilu, a indiqué que la dépouille avait été transférée à la morgue de l’Hôpital du Cinquantenaire.
Le corps y sera conservé en attendant la publication du programme officiel des obsèques.
Miguel Masaisai avait voulu traverser les frontières avec son vélo pour porter un message de paix. Son dernier voyage, lui, aura été celui du retour vers Kinshasa. Mais son slogan, « Pédaler pour la paix », reste associé à son nom.
Glodie Mungaba

