Lucien-René Likulia Bakumi, une figure de la justice militaire congolaise disparaît à Kenge

Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général des FARDC, est décédé vendredi dans le crash d’un avion à Kenge.

 

Il était devenu l’un des visages les plus connus de la justice militaire congolaise. Le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) près la Haute Cour militaire, est mort vendredi 25 septembre dans le crash d’un avion à Kenge, dans la province du Kwango.

Nommé à la tête de l’Auditorat général en mars 2021, il avait été élevé au même moment au grade de lieutenant-général par le président Félix Tshisekedi. Il succédait à Timothée Mukunto, décédé quelques semaines auparavant.

 

Au cœur du ministère public militaire

Magistrat militaire de carrière, Lucien-René Likulia Bakumi représentait le ministère public devant la Haute Cour militaire. Sa fonction le plaçait au centre des principales procédures judiciaires impliquant des membres des forces armées.

En 2023, il appelait les magistrats militaires du parquet à davantage de conscience professionnelle et au respect des exigences éthiques de leur fonction. « Je souhaite voir le magistrat militaire posséder les qualités morales, intellectuelles ainsi que le sens du devoir », déclarait-il alors, selon l’Agence congolaise de presse.

Son nom s’est progressivement retrouvé associé à plusieurs dossiers sensibles traités par la justice militaire congolaise. En 2025, il a notamment saisi le Sénat au sujet d’une demande de levée des immunités de l’ancien président Joseph Kabila, dans le cadre d’une procédure engagée par l’Auditorat général.

 

Une présence régulière dans les procès militaires

Au cours de l’année 2026, Likulia Bakumi continuait de représenter le ministère public dans plusieurs affaires devant la Haute Cour militaire.

Dans le dossier concernant l’ancien chef d’état-major général des FARDC, Christian Tshiwewe, l’ancien inspecteur général de l’armée John Numbi et plusieurs autres officiers, il intervenait au nom de l’accusation. En août 2026, il avait notamment sollicité un délai pour répondre aux mémoires présentés par les avocats de la défense.

Il était également intervenu dans le procès du lieutenant-général Philémon Yav Irung, où il avait défendu la position du ministère public au cours des audiences.

Au-delà de ses fonctions judiciaires, il occupait une place institutionnelle au sein du Conseil supérieur de la magistrature. Le rapport général de l’assemblée générale ordinaire de 2025 le présente comme auditeur général près la Haute Cour militaire et troisième secrétaire rapporteur de cette institution.

 

Une disparition brutale

Vendredi, son parcours s’est brutalement interrompu à Kenge. Il se trouvait à bord d’un petit appareil qui avait notamment transporté une délégation militaire et judiciaire. Le premier président de la Haute Cour militaire, le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi Tiende, figurait également parmi les victimes.

La disparition de Likulia Bakumi intervient alors qu’il était encore au cœur de plusieurs procédures majeures de la justice militaire congolaise. Pendant plus de cinq ans à la tête de l’Auditorat général, il aura incarné le ministère public militaire dans une période marquée par la multiplication des dossiers judiciaires impliquant de hauts responsables de l’armée.

Avec sa mort, la justice militaire congolaise perd l’un de ses principaux magistrats, au moment où plusieurs affaires sensibles demeurent devant la Haute Cour militaire.

 

Glodie Mungaba

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