« Tout commence par l’ABCD », le plaidoyer de Marie-Nicole Otsudi
À Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo (RDC), la Journée internationale de l’alphabétisation a remis en lumière l’importance de l’éducation des jeunes filles, notamment pour leur autonomie et leur accès au monde professionnel.
Présidente de l’association « Femmes Fortes », Marie-Nicole Otsudi a appelé à renforcer la sensibilisation en faveur de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.
« Je sensibilise les jeunes filles à l’alphabétisation. Cette journée doit nécessairement être célébrée, surtout pour la jeune fille qui doit prendre son envol dans la vie professionnelle », a-t-elle déclaré.
Pour elle, la maîtrise de la lecture et de l’écriture constitue un socle essentiel pour gagner en autonomie et saisir de nouvelles opportunités.
« L’alphabétisation est à la base de la vie. Elle permet d’éviter beaucoup d’aléas et d’ouvrir des portes. Ne pas savoir lire, c’est être incapable de tout », a-t-elle souligné.
Directrice commerciale adjointe de l’Agence Congolaise de Presse (ACP), chargée du fil d’actualité et des réseaux sociaux, Mme Otsudi relève par ailleurs une évolution dans l’accès des filles à l’école en République démocratique du Congo.
Elle cite notamment la Première ministre Judith Suminwa, à la tête du gouvernement, comme l’une des figures féminines occupant aujourd’hui une responsabilité majeure dans le pays.
« Si dans les années à venir toutes les filles pouvaient aller à l’école, au moins pour savoir lire et écrire, cela arrangerait beaucoup de choses », a-t-elle estimé.
« Toutes les filles à l’école! »
Marie-Nicole Otsudi rappelle également la campagne « Toutes les filles à l’école! », soutenue notamment par l’Unicef, et constate une progression de la scolarisation féminine.
« Aujourd’hui, je constate qu’il y a plus de filles que de garçons dans les salles de classe. Il y a donc des avancées », a-t-elle observé.
Elle appelle toutefois les parents et les pouvoirs publics à maintenir leurs efforts afin de permettre à chaque fille de poursuivre son parcours scolaire et de construire son avenir.
« Tout commence par l’ABCD, c’est-à-dire l’alphabétisation. Cela permettra aux jeunes filles de faire des choses extraordinaires », a-t-elle conclu.
Soixante ans d’engagement
Célébrée chaque 8 septembre, la Journée internationale de l’alphabétisation a atteint cette année son 60e anniversaire. Proclamée par l’Unesco en 1966, elle met en avant le rôle de l’éducation dans le développement des individus et des sociétés.
Placée sous le thème « L’alphabétisation pour les peuples, la planète et la prospérité », l’édition 2026 invite à mesurer les progrès accomplis et à réfléchir aux compétences nécessaires pour évoluer dans une société en pleine transformation.
La célébration mondiale organisée au Mexique prévoit notamment la remise des Prix internationaux d’alphabétisation de l’Unesco, destinés à distinguer des initiatives remarquables à travers le monde.
Glodie Mungaba

