Kinshasa : l’école Saint-Pierre en cendres, la direction lance un SOS!
Une partie de l’école primaire Saint-Pierre, dans la commune de Kinshasa, a été ravagée par un incendie lundi 7 septembre, quelques jours après la rentrée scolaire. Le sinistre a détruit plusieurs salles de classe et une importante quantité de matériel pédagogique et administratif.
L’établissement comptait 19 salles de classe. Seules huit ont été épargnées par les flammes. Bancs, tableaux, livres, ordinateurs, bulletins scolaires et documents administratifs ont notamment été détruits.
Aucune victime n’a été signalée. Les élèves ont pu être évacués à temps. Mais l’ampleur des dégâts fait désormais peser de sérieuses inquiétudes sur la poursuite normale des enseignements.
Une origine qui reste à établir
Les circonstances exactes du départ de feu ne sont pas encore officiellement établies.
Un riverain interrogé sur place évoque un différend qui aurait opposé l’établissement à une femme sans abri, qui souhaitait préparer de la nourriture aux abords de l’école alors que les cours se déroulaient.
Selon ce témoin, la femme aurait été empêchée de cuisiner sur les lieux. Il affirme avoir ensuite informé les responsables de l’école ainsi que le bourgmestre de la commune de Kinshasa.
Toujours d’après son récit, cette femme, mécontente de l’interdiction, aurait par la suite déclenché le feu.
Cette version reste toutefois à confirmer. L’origine de l’incendie devra être déterminée par les autorités compétentes, seules habilitées à établir les responsabilités.
Une école chargée d’histoire
Fondée en 1936, l’école primaire Saint-Pierre fait partie des établissements ayant marqué l’histoire scolaire de Kinshasa. Plusieurs générations y ont été formées.
Selon les responsables de l’établissement, le célèbre musicien congolais Tabu Ley Rochereau figure notamment parmi ses anciens élèves.
Aujourd’hui, c’est l’avenir immédiat de l’école qui préoccupe sa direction. Son directeur, José Moke, appelle les autorités provinciales et nationales à intervenir rapidement.
« Sur les 19 salles de classe, il ne nous en reste que huit », déplore-t-il, plaidant pour une réhabilitation urgente.
Pour la direction, la priorité est désormais de rétablir au plus vite des conditions d’apprentissage acceptables pour les élèves, alors que l’année scolaire vient à peine de commencer.
Les anciens élèves se mobilisent
L’incendie a également provoqué une vive émotion parmi les anciens élèves de Saint-Pierre. Plusieurs d’entre eux se sont rendus sur place pour constater l’étendue des dégâts et appeler à une mobilisation collective.
Made, ancienne élève, souhaite que les pouvoirs publics interviennent pour préserver cet établissement auquel elle reste attachée.
Même préoccupation pour Dieumerci Kajinga, lui aussi ancien de Saint-Pierre, qui estime que les travaux de réhabilitation doivent être engagés sans délai afin de permettre aux élèves de poursuivre leur scolarité dans de meilleures conditions.
Au-delà des pertes matérielles, le sinistre rappelle la fragilité de certaines infrastructures scolaires à Kinshasa. Pour Saint-Pierre, l’enjeu est désormais de reconstruire, mais surtout de permettre à des centaines d’élèves de reprendre normalement le chemin des classes.

