Bassin du Congo : une nouvelle espèce de singe découverte dans les forêts de Lomami

Colobus Congoensis, baptisé par les communautés locales du Haut-Lomami "Likweli", découvert récemment par les chercheurs dans le Bassin du Congo

 

De notre correspondant en RDC : Arnaud Kabeya

Le Bassin du Congo continue de dévoiler ses trésors cachés. Malgré plusieurs décennies d’exploration scientifique, cette immense région forestière d’Afrique centrale, considérée comme l’un des plus grands réservoirs de biodiversité au monde, révèle encore des espèces inconnues de la science.

 

L’Institut congolais de la Conservation a annoncé, le 16 juillet 2026, l’identification d’une nouvelle espèce de primate découverte dans les forêts de la province du Haut-Lomami, au cœur du Bassin du Congo.

Baptisé « Likweli » par les populations locales et classifié scientifiquement sous le nom de Colobus congoensis, ce singe représente une découverte majeure pour la communauté scientifique. Il devient l’une des rares nouvelles espèces de singes africains décrites au cours des dernières décennies.

 

Un primate discret caché dans la canopée

 

Le Likweli est un petit singe arboricole qui se distingue par plusieurs caractéristiques physiques remarquables. Son pelage entièrement noir, sa longue queue recourbée ainsi que les teintes orange-crème visibles autour de son nez et de sa bouche permettent de l’identifier facilement.

L’animal avait été aperçu pour la première fois en 2008 dans les forêts du Bassin du Congo. À l’époque, les chercheurs soupçonnaient l’existence d’une espèce particulière, sans toutefois disposer d’éléments suffisants pour confirmer cette hypothèse.

Les nouvelles études menées par plusieurs équipes scientifiques internationales ont finalement permis d’établir qu’il s’agissait bien d’une espèce distincte. Les chercheurs expliquent cependant que son observation reste extrêmement difficile, le Likweli vivant principalement dans les hauteurs de la forêt, au sommet de la canopée.

Ce primate évolue généralement en petits groupes comptant environ six individus, ce qui contribue à rendre son étude complexe.

 

Une évolution séparée depuis plusieurs millions d’années

Les analyses génétiques et morphologiques ont révélé une proximité entre le Likweli et le colobe satan (Colobus satanas), une autre espèce de la famille des Colobes. Toutefois, les deux primates sont séparés par plus de 1 200 kilomètres de forêt tropicale.

Selon les chercheurs, leurs lignées auraient évolué indépendamment durant une période estimée entre 4,7 et 5,8 millions d’années. Le Likweli possède notamment des particularités qui le différencient de son proche parent : un masque facial spécifique, une taille plus réduite ainsi que des vocalisations propres.

Une découverte scientifique déjà menacée

Si l’identification du Likweli constitue une avancée importante pour la connaissance de la biodiversité africaine, les spécialistes alertent déjà sur les menaces qui pèsent sur sa survie.

La disparition progressive de son habitat, la déforestation, la chasse et le braconnage représentent des dangers majeurs pour cette espèce nouvellement reconnue. Face à ces risques, les scientifiques recommandent une évaluation rapide de son statut de conservation et son inscription potentielle sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) parmi les espèces menacées.

Pour les chercheurs, cette découverte rappelle une réalité essentielle : les forêts du Bassin du Congo abritent encore de nombreux secrets, mais leur préservation devient chaque jour plus urgente.

 

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