Gabon–France : une visite d’État aux retombées économiques contrastées
Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema. (Official White House Photo by Molly Riley).
En visite officielle en France, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a obtenu des avancées dans les domaines des infrastructures ferroviaires et de la transformation du manganèse. Si le gouvernement salue des résultats encourageants, certains observateurs et responsables politiques estiment que les retombées concrètes restent limitées.
Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a achevé sa première visite d’État en France, entamée le 20 juillet. Après des échanges avec son homologue français Emmanuel Macron sur les relations bilatérales et plusieurs dossiers stratégiques, le volet économique s’est imposé comme le principal temps fort de ce déplacement.
Parmi les principaux acquis figurent un important financement destiné à moderniser le chemin de fer Transgabonais ainsi qu’un protocole d’accord avec le groupe minier français Eramet sur la transformation locale du manganèse.
Moderniser le Transgabonais
La visite a été marquée par la signature d’un accord de financement de 312 millions d’euros réunissant Proparco, filiale du groupe Agence française de développement (AFD) dédiée au financement du secteur privé, la Société financière internationale (SFI), membre du Groupe de la Banque mondiale, et la Société d’exploitation du Transgabonais.
Ces ressources permettront de financer la troisième phase de modernisation de cette infrastructure ferroviaire stratégique, essentielle au transport des minerais, des marchandises et des voyageurs. Le Transgabonais joue un rôle majeur dans l’économie nationale, représentant environ 20 % du produit intérieur brut (PIB).
Selon les partenaires du projet, ces travaux devraient améliorer la capacité du réseau, renforcer sa fiabilité et optimiser la chaîne logistique au bénéfice de l’activité minière comme du transport de passagers.
Le manganèse au cœur des négociations
Autre résultat de cette visite : la signature d’un protocole d’accord entre l’État gabonais et le groupe Eramet concernant la transformation locale du manganèse.
Le document fixe comme objectif la montée en puissance des capacités industrielles d’ici à 2031, soit deux années plus tard que le calendrier initialement souhaité par les autorités gabonaises.
Pour plusieurs analystes, cet accord constitue néanmoins une avancée. Ils estiment que la volonté du gouvernement gabonais de favoriser la transformation locale des ressources minières a permis de replacer cette question au centre des discussions avec les industriels. La réalisation de ce projet reste toutefois conditionnée à un préalable majeur : le développement d’infrastructures énergétiques capables d’alimenter les futures unités industrielles.
Un bilan diversement apprécié
Si le gouvernement met en avant des progrès significatifs, une partie de l’opposition et plusieurs observateurs se montrent plus réservés. Certains jugent que les résultats obtenus demeurent modestes au regard des attentes suscitées par cette visite d’État.
Des critiques portent également sur les conditions de mise en œuvre du partenariat avec Eramet, estimant que les engagements pris pourraient rester difficiles à concrétiser tant que les défis énergétiques ne seront pas résolus. Parallèlement, Libreville poursuit ses discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue d’un nouveau programme économique. Les autorités doivent également publier un audit de la dette publique, alors que l’endettement du pays dépasse déjà 70 % du PIB et qu’un nouvel emprunt pouvant atteindre 1,5 milliard de dollars est à l’étude.
La visite de Brice Clotaire Oligui Nguema à Paris confirme ainsi la volonté des deux pays de renforcer leur coopération économique, même si les effets concrets des accords conclus dépendront de leur mise en œuvre dans les mois à venir.
Glodie Mungaba

