L’opposition reporte sa manifestation après l’annonce d’un dialogue national
Les confessions religieuses congolaises, appelées à faciliter le dialogue national, multiplient les consultations pour définir les contours d'un processus inclusif.
La plateforme C64, qui rassemble plusieurs partis de l’opposition congolaise, ne manifestera finalement pas ce mercredi 22 juillet.
Initialement prévue pour défendre la Constitution, la marche a finalement été reportée. Cette décision intervient après l’annonce par la présidence de la République de l’ouverture prochaine d’un dialogue national, une revendication portée depuis plusieurs mois par l’opposition congolaise.
La décision fait également suite à l’appel lancé par les confessions religieuses, désignées pour faciliter ce processus de concertation. Elles ont invité les organisateurs à suspendre leur mobilisation afin de favoriser un climat propice aux discussions.
Un report présenté comme un geste d’ouverture
Selon des sources proches de l’opposition, la décision n’a pas été prise sans débats. Les responsables de la plateforme C64 ont tenu plusieurs réunions avant de parvenir à un consensus. Les échanges, parfois animés, ont finalement abouti au report de la manifestation, présenté comme un signe de bonne volonté envers la médiation conduite par les Églises.
Les dirigeants de l’opposition précisent toutefois qu’il ne s’agit pas d’un renoncement. Ils attendent désormais des actes concrets de la part des autorités et des facilitateurs religieux. À leurs yeux, le dialogue devra être officiellement convoqué avant le 15 août, faute de quoi d’autres actions pourraient être envisagées.
L’opposition affirme également rester attentive à toute évolution susceptible de raviver les tensions politiques. La promulgation de la loi référendaire adoptée en juin, perçue comme une étape vers une éventuelle révision de la Constitution, demeure l’une de ses principales préoccupations.
Si la présidence a confirmé que le dialogue réunira « les filles et les fils du Congo », plusieurs questions demeurent en suspens. Les modalités de participation, le choix des représentants ainsi que le format des discussions n’ont pas encore été rendus publics.
Les responsables religieux, notamment l’Église du Christ au Congo (ECC) et la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), ont multiplié les consultations avec la présidence afin de garantir un processus le plus inclusif possible.
Le lieu des assises reste également à déterminer. Les autorités privilégient une tenue du dialogue sur le territoire national, tandis que certains responsables de l’opposition estiment que le contexte politique actuel ne garantit pas des échanges sereins en République démocratique du Congo. Parmi les options évoquées figurent Kinshasa, Brazzaville ou encore Luanda.
Pour le chercheur Trésor Kibangula, l’annonce de ce dialogue constitue une avancée, même si de nombreux aspects devront encore être clarifiés avant son ouverture.
Des réactions contrastées au sein de la classe politique
Le report de la marche ne fait toutefois pas l’unanimité. Plusieurs figures de l’opposition regrettent cette décision, estimant qu’elle risque de démobiliser les citoyens. Seth Kikuni, membre de la plateforme « Sauvons la RDC », considère que l’annulation de la manifestation constitue une erreur. Au sein du parti Ensemble de Moïse Katumbi, certains responsables ont également exprimé leur désaccord, jugeant que la population attendait une démonstration de force de l’opposition.
Du côté du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), Ferdinand Kambere salue l’annonce du dialogue tout en appelant à la vigilance quant à son organisation et à son caractère inclusif.
En revanche, Corneille Nangaa, l’un des dirigeants de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), rejette cette initiative. Cette position intervient alors que des discussions distinctes se poursuivent entre Kinshasa et la rébellion dans le cadre du processus de Doha, destiné à favoriser une désescalade du conflit dans l’Est du pays.
Glodie Mungaba

