« La Loi sur l’aménagement du territoire est un instrument majeur »
Félix Boika, chef de division urbaine de l'administration territoriale/circonscription de Mont-Ngafula (presse congolaise)
Ingénieur formé au CFAV (Centre de Formation des Agents Voyers) à Kinshasa, créé par ordonnance-loi n°70/290 du 4 juin 1970, Félix Boika Bihio, chef de division urbaine de l’aménagement du territoire/Mont-Ngafula (Kinshasa), répond aux questions de MM2 au sujet de la loi nᵒ 25/045 du 1ᵉʳ juillet 2025 relative à l’aménagement du territoire, récemment vulgarisée par le ministre Jean-Lucien Bussa.
La loi N°25/045 relative à l’aménagement du territoire a été promulguée le 1ᵉʳ juillet 2025 par le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi. Comment l’avez-vous accueillie dans la commune de Mont-Ngafula au regard de son aménagement ?
Félix Boika Bihio (F.B.B.) : De l’éclatement du ministère des Travaux publics sont nés deux premiers ministères, notamment celui de l’Urbanisme ainsi que celui des Infrastructures et Travaux publics (ITPR). Resté un département de ce dernier, l’aménagement est devenu quelques temps après un ministère à part entière, mais n’avait pas d’outils pour son fonctionnement, à savoir la loi l’instituant ainsi que la loi budgétaire.
Cependant, au niveau de la ville-province de Kinshasa, un arrêt conjoint nᵒ 013 du 2 août 2022, signé par le commissaire général en charge de l’environnement et de l’aménagement du territoire, avait permis aux 16 divisions actuelles de l’aménagement du territoire de fonctionner, bien que cet arrêté ait été controversé par les sectoriels en raison de conflits d’attributions.
Nous accueillons donc la loi sur l’aménagement du territoire avec une grande satisfaction, car enfin nous disposons d’un instrument majeur pour la gestion des domaines publics de l’État en RDC. Elle définit clairement nos attributions.
Après la vulgarisation de cette loi et des différents guides méthodologiques de planification, quelles sont les stratégies que vous comptez mettre en place pour leur appropriation par les agents?
F.B.B. : Après la vulgarisation de ces outils importants, l’heure est à la formation de nos agents qui travaillent sur le terrain. Nous allons organiser des sessions de formation pour leur permettre de s’approprier ces différents outils de travail et d’assurer l’efficacité de leurs actions dans la commune de Mont-Ngafula, qui nécessite un aménagement de qualité au regard des 265 graves érosions qui la menacent.
Après cette étape, nous passerons à la sensibilisation de la population de notre circonscription, qui est en réalité le bénéficiaire final de cette loi. L’objectif visé est de permettre à tous les assujettis de comprendre les attributions de l’aménagement de la ville et les bienfaits qui en découlent.
Comment envisagez-vous de travailler avec les sectoriels dans la gestion des domaines publics de l’État, au regard des dispositions prévues dans la loi sur l’aménagement du territoire?
F.B.B. : Nous sommes contraints de collaborer avec les sectoriels, entre autres l’Urbanisme, les Affaires foncières, le Cadastre, etc., afin d’éviter des conflits pouvant résulter d’une mauvaise compréhension de nos attributions respectives. Nous envisageons d’organiser régulièrement des réunions de concertation pour ne pas empiéter sur les responsabilités des uns et des autres.
Auriez-vous des craintes quant à l’application de ces dispositions dans votre circonscription de la part des assujettis ?
F.B.B. : La seule crainte que nous pourrions avoir est la non-appropriation de cette loi par les assujettis et même par les entités décentralisées, à savoir les chefs de quartiers, les chefs de rues et les chefs coutumiers. Nous procéderons, pour ce faire, à des actions de sensibilisation de proximité afin de leur permettre de s’approprier cette loi et de comprendre ses dispositions, notamment en ce qui concerne le lotissement des espaces publics de l’État.
Quel est votre mot de fin?
F.B.B. : Nous remercions le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, pour avoir pris à cœur de promulguer cette loi. Nos remerciements vont également au ministre de l’Aménagement du territoire, Jean-Lucien Bussa, pour avoir mis au centre de son action la vulgarisation de ces importants outils. Nos pensées vont à l’endroit du secrétaire général de l’Aménagement du territoire, Dieudonné Menzu, pour la confiance manifestée. Enfin, nous pensons à tous nos collègues chefs de division pour tous les efforts qui seront consentis pour la bonne gestion des domaines publics de l’État.
(Ndlr : La commune de Mont-Ngafula est au cœur de plusieurs dynamiques liées à l’urbanisation croissante de la ville de Kinshasa. Composée de 29 quartiers, cette commune urbano-rurale est confrontée à de multiples défis, tels que la pression démographique, les expansions et occupations, etc.)
Arnaud Kabeya
