Monique Barbut reste au gouvernement malgré son désaccord sur les pesticides

Après avoir envisagé une démission, elle reste finalement au gouvernement à la demande d’Emmanuel Macron. Arnaud Bouissou / Terra.

 

La ministre de la Transition écologique avait annoncé son intention de remettre sa démission après l’adoption d’une mesure controversée sur les pesticides. Emmanuel Macron a refusé son départ et lui a demandé de poursuivre sa mission au sein du gouvernement.

Monique Barbut reste finalement à la tête du ministère français de la Transition écologique. Après avoir envisagé de quitter ses fonctions à la suite de l’adoption définitive de la loi d’urgence agricole, la ministre a choisi de rester en poste, à la demande du président Emmanuel Macron, qui lui a renouvelé son soutien.

Cette décision intervient après un bras de fer politique autour d’une disposition autorisant, sous certaines conditions, la réintroduction de certains pesticides pourtant interdits en France.

Une menace de départ après le vote sur les pesticides

Le Parlement français a adopté mardi 21 juillet la loi d’urgence agricole portée par le gouvernement. Parmi les mesures les plus contestées figure la possibilité pour l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) d’autoriser temporairement l’utilisation de certains produits phytosanitaires, notamment l’acétamipride et le flupyradifurone, pour certaines filières agricoles en difficulté.

Les produits phytosanitaires désignent les substances utilisées en agriculture afin de protéger les cultures contre les insectes nuisibles, les maladies ou les mauvaises herbes. Parmi eux figure l’acétamipride, un insecticide appartenant à la famille des néonicotinoïdes, dont l’utilisation fait débat en raison des interrogations scientifiques sur ses effets potentiels pour la santé humaine et l’environnement.

Cette disposition a provoqué de fortes tensions au sein de la majorité et suscité l’opposition de Monique Barbut, qui considère cette décision comme un recul dans la politique environnementale française.

Dans un message publié sur LinkedIn, la ministre a dénoncé un « recul environnemental » et regretté que le gouvernement n’ait pas permis un nouveau débat parlementaire sur la suppression de cette mesure.

Monique Barbut rappelle que la France avait interdit l’acétamipride en 2016 au nom du principe de précaution, estimant que les incertitudes scientifiques sur ses effets pour la santé humaine et l’environnement demeuraient importantes.

Selon elle, les inquiétudes restent d’actualité et justifient le maintien d’une approche prudente. Cette position ravive un débat déjà marqué par les mobilisations citoyennes contre la loi Duplomb, qui avait également concerné le retour de certains pesticides avant l’intervention du Conseil constitutionnel.

Malgré les demandes de certains députés favorables au retrait de cette disposition, l’exécutif a maintenu son choix.

Une ministre environnementale au parcours international

Après avoir présenté son intention de démissionner, Monique Barbut a finalement accepté de poursuivre son action au sein du gouvernement. Son cabinet explique qu’elle souhaite continuer à agir face aux conséquences du changement climatique et défendre les enjeux liés à la santé environnementale.

Figure reconnue du monde écologique, elle a dirigé WWF France, branche française du World Wide Fund for Nature (Fonds mondial pour la nature), une organisation internationale engagée dans la protection de l’environnement, la préservation de la biodiversité et la lutte contre le changement climatique. Elle a également occupé le poste de secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification.

Connue pour son indépendance et son franc-parler, Monique Barbut avait déjà menacé de quitter le gouvernement à plusieurs reprises, notamment sur des questions liées aux projets d’hydrocarbures en outre-mer et aux moyens financiers accordés à son ministère.

En restant en fonction, Monique Barbut choisit donc de poursuivre son combat de l’intérieur, tout en maintenant son opposition à une mesure agricole qu’elle juge incompatible avec ses convictions environnementales.

 

Glodie Mungaba

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