Manganèse : le Gabon et la France scellent un premier accord stratégique

La France et le Gabon ont franchi une nouvelle étape de leur coopération avec la signature d'un accord stratégique sur le manganèse. Lukasz Kobus / CE - Service audiovisuel / Union européenne, 2024

 

La visite d’État de Brice Clotaire Oligui Nguema en France a marqué une nouvelle étape dans la coopération économique entre Libreville et Paris. La signature d’un premier protocole d’accord avec Eramet et sa filiale gabonaise Eramet Comilog accompagne l’ambition du Gabon d’accélérer la transformation locale de son manganèse, mais aussi de renforcer le développement de son industrie minière.

 

Cette avancée est intervenue à l’issue d’un entretien entre le chef de l’État gabonais et son homologue français, Emmanuel Macron. Les échanges ont principalement porté sur la mise en œuvre des engagements pris lors de la visite du président français à Libreville en novembre 2025, ainsi que sur le renforcement de la coopération économique et industrielle.

Le protocole conclu avec le groupe minier français Eramet prévoit une augmentation progressive des capacités de transformation du manganèse sur le territoire gabonais. Selon les objectifs fixés, jusqu’à 700 000 tonnes de minerai pourraient être transformées localement d’ici à 2031. En contrepartie, les autorités gabonaises se sont engagées à garantir un environnement favorable à la réalisation des projets, notamment en assurant un accès suffisant aux infrastructures énergétiques.

« Nous nous réjouissons de la signature de ce protocole d’accord qui concrétise l’engagement du Groupe aux côtés de l’État gabonais pour développer le secteur industriel gabonais », a déclaré Christel Bories,  la Présidente-Directrice Générale d’Eramet. 

 

Selon elle, cet accord est l’aboutissement d’un important travail préparatoire. « Depuis plus d’un an, nos équipes se sont fortement mobilisées pour identifier les meilleures solutions industrielles et accompagner la volonté souveraine du Gabon d’accroître la transformation locale de ses ressources en manganèse », a-t-elle souligné. « Le résultat est là : une feuille de route ambitieuse, co-construite avec les autorités, reposant sur des études techniques sérieuses, un cadre de travail transparent et un partage clair des responsabilités ainsi que des conditions nécessaires à sa mise en œuvre ».

 

Trois projets industriels sur la table

 

Pour Christian Magni, directeur général de la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag), cet accord constitue une avancée majeure pour le développement industriel du pays. Les investissements annoncés devraient également permettre de moderniser le réseau ferroviaire du Transgabonais, indispensable à l’acheminement du minerai entre les zones de production et les infrastructures portuaires.

Plusieurs pistes sont actuellement étudiées pour concrétiser cette feuille de route. La première prévoit la construction, d’ici à 2028, d’une usine de production d’oxyde de manganèse à Libreville. Une autre option consiste à moderniser le complexe métallurgique de Moanda, aujourd’hui unique site de transformation du manganèse en activité au Gabon et en Afrique centrale. Enfin, le scénario le plus ambitieux envisage l’implantation, à l’horizon 2031, d’une nouvelle unité de production d’alliages de manganèse.

Cliquez ici pour plus de détails : Protocole-daccord-Eramet-Etat-Gabonais-CP-FR-VF

 

Au-delà du volet industriel, cet accord devrait accélérer la réhabilitation de quelque 650 kilomètres de voies ferrées dépendant d’Owendo à Franceville. Ce chantier est considéré comme stratégique pour améliorer la logistique nationale, faciliter le transport du minerai et renforcer le désenclavement de plusieurs régions du pays.

 

Une ambition industrielle affirmée

Premier producteur africain et l’un des principaux fournisseurs mondiaux de manganèse, le Gabon souhaite poursuivre sa politique de transformation locale de ses ressources naturelles. Le gouvernement ambitionne de mettre fin, à partir de 2029, aux exportations de minerais bruts afin de développer davantage de valeur ajoutée sur son territoire. Si la France soutient cette orientation, les discussions se poursuivent sur le calendrier de mise en œuvre, Paris estimant que certains délais devront être adaptés aux réalités industrielles.

« Je suis convaincue qu’avec cette méthode, nous pourrons réussir ensemble et contribuer dans la durée au développement économique et industriel du Gabon », a conclu la dirigeante du groupe minier.

 

Glodie Mungaba

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