Ebola en RDC : le Canada passe à l’offensive
Le Dr Marty travaillant pour l'OMS lors de l'épidémie d'Ebola de 2014.
Face à l’aggravation de l’épidémie en République Démocratique du Congo (RDC), le Canada interdit désormais l’entrée sur son territoire aux ressortissants étrangers ayant séjourné dans le pays au cours des 21 derniers jours. L’Ouganda et le Soudan du Sud restent également concernés par des mesures sanitaires renforcées.
Le Canada a franchi un nouveau cap dans sa stratégie de prévention contre Ebola. Depuis le 20 juillet, les ressortissants étrangers ayant séjourné en République Démocratique du Congo (RDC) au cours des 21 jours précédant leur arrivée ne sont plus autorisés à entrer sur le territoire canadien. Ottawa entend ainsi limiter tout risque d’importation du virus, alors que la RDC fait face à une importante flambée épidémique.
Dans un communiqué, l’Agence de la santé publique du Canada indique que « le gouvernement du Canada prend des mesures décisives pour réduire le risque d’introduction et de propagation de la maladie à virus Ebola au Canada ». Elle précise également que « tout ressortissant étranger ayant séjourné en RDC au cours des 21 derniers jours se verra interdire l’entrée au Canada ».
La RDC au centre des inquiétudes
Même si le risque de propagation sur son territoire demeure faible, Ottawa estime que l’évolution de l’épidémie en RDC justifie un renforcement des contrôles aux frontières.
« Bien que le risque pour les Canadiens demeure faible, ces mesures visent à protéger la santé publique », soulignent les autorités canadiennes.
La flambée qui sévit en RDC est suivie de près par les autorités sanitaires internationales. Pour le gouvernement canadien, ces restrictions relèvent du principe de précaution et pourront être ajustées en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique.
L’Ouganda et le Soudan du Sud sous surveillance
Les nouvelles restrictions s’inscrivent dans un dispositif plus large qui concerne également l’Ouganda et le Soudan du Sud. Les voyageurs ayant récemment séjourné dans l’un de ces trois pays sont soumis à des contrôles sanitaires renforcés à leur arrivée au Canada.
Parallèlement, Ottawa a suspendu temporairement certains services liés à l’immigration pour les personnes se trouvant dans ces États, le temps d’évaluer les risques sanitaires et l’évolution de l’épidémie.
Cette approche contraste avec les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui déconseille les restrictions générales de voyage. L’agence onusienne estime qu’elles peuvent entraver les opérations de riposte, compliquer l’acheminement de l’aide et freiner la coopération internationale, sans bénéfice sanitaire clairement démontré.
Une riposte appelée à évoluer
Pour Ottawa, ces restrictions resteront en vigueur aussi longtemps que l’évolution de l’épidémie l’exigera. Elles seront réévaluées régulièrement à la lumière des données scientifiques et des avis des autorités de santé publique.
En maintenant ce dispositif, le gouvernement canadien mise sur la prévention tout en réaffirmant sa solidarité avec Kinshasa. Il assure qu’il continuera de soutenir les efforts de riposte contre Ebola en République démocratique du Congo, en étroite collaboration avec ses partenaires internationaux, tout en adaptant ses mesures à l’évolution de la situation sanitaire.
Glodie Mungaba

