Kemi Seba maintenu en détention dans l’attente de son extradition vers le Bénin
L’activiste et influenceur panafricaniste Kemi Seba restera incarcéré en Afrique du Sud au moins jusqu’au 14 juillet, date prévue pour l’ouverture des débats concernant la demande d’extradition formulée par les autorités béninoises.
Cette décision concerne également ses deux coaccusés : son fils et un militant afrikaner sud-africain. Les trois hommes avaient été interpellés en avril alors qu’ils tentaient de quitter le territoire sud-africain en direction du Zimbabwe. Les autorités leur reprochent notamment des infractions liées à l’immigration, les visas de Kemi Seba et de son fils étant arrivés à expiration au moment de leur arrestation.
Une remise en liberté refusée par la justice
Visé par une procédure d’extradition vers le Bénin, son pays d’origine, Kemi Seba fait l’objet de deux mandats d’arrêt internationaux portant sur des accusations d’incitation à la violence et de blanchiment d’argent. Lors de l’audience du 18 juin, le tribunal a rejeté sa demande de remise en liberté sous caution et confirmé le renvoi de l’affaire au 14 juillet.
Le magistrat a toutefois insisté sur la distinction entre les infractions migratoires et le dossier d’extradition. Concernant la première affaire, il a estimé que Kemi Seba et son fils présentaient un risque de fuite, puisqu’ils avaient déjà tenté de quitter le pays alors que leur situation administrative n’était pas en règle.
Le troisième prévenu est : François van der Merwe, figure de la mouvance nationaliste afrikaner. Ce dernier est soupçonné d’avoir bénéficié de financements russes afin d’apporter son soutien à Kemi Seba. Selon le juge, des réseaux susceptibles de faciliter un départ clandestin pourraient encore être mobilisés en cas de libération.
Le tribunal a également relevé plusieurs zones d’ombre qui nécessitent des éclaircissements. Parmi les interrogations soulevées figurent les raisons de leur déplacement envisagé vers le Zimbabwe ainsi que la nature des relations entre Kemi Seba et François van der Merwe, notamment dans le cadre de contacts présumés avec des interlocuteurs russes.
Dans l’attente de réponses à ces questions, mais aussi de l’examen de la demande d’extradition, les trois hommes demeurent en détention. Leur prochaine comparution est fixée au 14 juillet.
Une figure controversée du panafricanisme
Kemi Seba est également recherché dans son pays, qui lui reproche d’avoir soutenu une tentative présumée de coup d’État en décembre dernier.
Avec plus de 1,5 million d’abonnés, il détient aussi un passeport diplomatique nigérien délivré par les autorités militaires arrivées au pouvoir en 2023.
Âgé de 45 ans, Kemi Seba, de son nom civil Stellio Gilles Robert Capo Chichi, est une figure bien connue du mouvement panafricaniste. Né avec les nationalités française et béninoise, il a été déchu de sa nationalité française en 2024.
Fondateur de l’organisation Urgences panafricanistes, il s’est imposé au fil des années comme l’une des voix les plus critiques de la présence occidentale, et particulièrement française, sur le continent africain.
Ses prises de position dénoncent régulièrement les liens entre Paris et certains dirigeants africains, qu’il accuse de perpétuer des formes de dépendance politique et économique.

