Alpha Condé, l’invité invisible de Denis Sassou Nguesso

Alpha Condé lors d’une rencontre officielle au Kremlin à Moscou. Photo: Kremlin.ru / Wikimedia Commons.

 

À Brazzaville, le 16 avril 2026, l’investiture de Denis Sassou Nguesso pour un nouveau mandat a réuni plusieurs figures du continent. Dans les tribunes du stade de Kintélé, anciens chefs d’État et dirigeants en exercice se côtoyaient, à l’image de Nana Akufo-Addo, Thomas Boni Yayi ou encore Joaquim Chissano.

 

Un nom, pourtant, manquait ostensiblement à l’appel : celui d’Alpha Condé, fidèle parmi les fidèles du chef de l’État congolais et habitué de ces cérémonies depuis deux décennies.

Selon plusieurs sources concordantes, l’ancien président guinéen, renversé en 2021 et installé depuis en Turquie, avait pourtant fait le déplacement. Arrivé la veille à Kinshasa depuis Istanbul, il aurait ensuite rejoint discrètement Brazzaville. Aperçu dans un grand hôtel, il a ensuite été conduit dans une résidence privée, à l’écart des regards.

Pourquoi, dès lors, cette absence publique ? À en croire l’entourage du pouvoir congolais, le choix serait venu de l’intéressé lui-même. Dans un contexte régional sensible, Alpha Condé aurait préféré éviter toute exposition médiatique susceptible de raviver les tensions avec les autorités actuelles de Guinée, dirigées par le général Mamadi Doumbouya.

La prudence s’imposait d’autant plus que sa présence sur une scène officielle internationale aurait pu être interprétée comme un signal politique, voire comme une prise de position implicite.

Reçu en privé par Denis Sassou Nguesso, Alpha Condé n’en a pas moins maintenu ses relations avec plusieurs invités de marque. Parmi eux, l’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde lui aurait rendu visite durant son séjour.

Entre fidélité personnelle et calcul diplomatique, l’ancien président guinéen s’est ainsi imposé comme un invité… invisible.

Glodie Mungaba

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