Hommage au révérend Jesse Jackson, figure majeure des droits civiques aux États-Unis

Le révérend Jesse Jackson, figure des droits civiques, à Johannesburg (Afrique du Sud), le 25 octobre 2005. © Gianluigi Guercia / AFP / Archives.

 

 

Figure historique des droits civiques, Jesse Jackson s’est éteint à 84 ans (mardi 17 février), laissant derrière lui un héritage politique qui a profondément marqué l’Amérique.

 

Né en 1941 en Caroline du Sud, dans un Sud encore ségrégué, Jesse Jackson grandit dans une Amérique fracturée par les lois raciales. Excellent élève, il devient pasteur baptiste et s’engage très tôt dans le mouvement des droits civiques. À moins de 20 ans, il participe à ses premiers sit-in et marche en 1965 entre Selma et Montgomery pour défendre le droit de vote des Afro-Américains. En 1968, il est présent à Memphis lors de l’assassinat de Martin Luther King Jr., un moment décisif qui scelle son engagement pour la justice raciale.

Avec Barack Obama, alors jeune sénateur de l’Illinois (à gauche), en janvier 2007.
Avec Barack Obama, alors jeune sénateur de l’Illinois (à gauche), en janvier 2007. © JOHN GRESS, REUTERS.

Avant Obama, la brèche Jackson

Dans les années 1980, il tente à deux reprises d’obtenir l’investiture démocrate à la présidentielle. S’il ne remporte pas les primaires, ses campagnes de 1984 et 1988 marquent un tournant symbolique dans l’histoire politique américaine. Barack Obama a salué celui qui « a montré la voie » et posé les bases de sa propre accession à la Maison Blanche. Kamala Harris a évoqué « l’un des plus grands patriotes de l’Amérique », tandis que le président américain Donald Trump a rendu hommage à une « force de la nature », reconnaissant son influence et sa stature.

Jesse Jackson ne s’est jamais retiré du combat. Médiateur dans plusieurs crises internationales, militant contre l’apartheid, il s’est aussi tenu en 2021 aux côtés de la famille de George Floyd, cet Afro-Américain mort en 2020 à Minneapolis après avoir été immobilisé de longues minutes par un policier blanc. Sa mort avait déclenché une vague mondiale de manifestations contre les violences policières, dans le sillage du mouvement Black Lives Matter.

Affaibli par la maladie de Parkinson qu’il avait rendue publique en 2017, Jesse Jackson n’avait jamais renoncé à son engagement. Jusqu’au bout, il est resté fidèle à son combat, persuadé que l’égalité et la justice exigent une vigilance constante. Il laisse l’image d’un militant tenace, dont la voix aura accompagné et inspiré plusieurs générations d’Américains.

Glodie Mungaba / MM2 

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