Guinée: mort en détention de Claude Pivi, figure clé du massacre du 28 septembre 2009

L'ancien homme fort de la Guinée sous la dictacture de Moussa Dadis Camara. Conakry, le 2 octobre 2009. © SEYLLOU DIALLO / AFP

 

Ancien homme fort du régime de Moussa Dadis Camara et condamné pour crimes contre l’humanité, le colonel Claude Pivi est mort le 6 janvier 2026 à Conakry (Guinée).

 

Claude Pivi (, connu sous le surnom de « Coplan », est décédé à l’hôpital militaire du Camp Almamy Samory Touré de Conakry, où il avait été évacué deux jours plus tôt depuis sa cellule.

Selon le parquet général, sa mort est liée à des complications d’un « diabète chronique, d’hypertension et de goutte », maladies pour lesquelles il bénéficiait d’un suivi médical durant sa détention.

Le parquet général évoque aussi une « non-observance du traitement », ayant entraîné une hypoglycémie sévère le 4 janvier, suivie d’un coma hypoglycémique fatal le 6 janvier, malgré deux jours de soins intensifs. « Une autopsie a été ordonnée et ses résultats feront l’objet d’un prochain communiqué, indique le procureur général, Fallou Doumboya. 

Le traumatisme national du stade de Conakry

 Âgé de 66 ans, Claude Pivi faisait partie des principaux accusés dans le procès du massacre du 28 septembre 2009. Il avait été condamné, en juillet 2024, à la réclusion criminelle à perpétuité, en son absence.

Ex-ministre chargé de la sécurité sous le régime de Moussa Dadis Camara, capitaine et dictacteur à l’époque, il exerçait une autorité directe sur la garde présidentielle et comptait parmi les figures les plus influentes de cette période.

Pour rappel, Pivi s’était évadé en novembre 2023 avec Moussa Dadis Camara et deux autres détenus impliqués dans le même procès. Tous avaient été repris le jour même, sauf lui.

« Coplan » avait finalement été arrêté au Liberia et réincarcéré en septembre 2024 à Coyah, près de Conakry.

Le 28 septembre 2009 reste l’un des épisodes les plus sombres (ndlr. de la Guinée). La répression d’un rassemblement de l’opposition dans le stade de Conakry et aux alentours avait fait au moins 156 morts et des centaines de blessés, selon  une commission d’enquête des Nations unies. Ce même jour,  au moins 109 viols y avaient également été commis.

Glodie Mungaba / MM2

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