Au Kenya, des médecins congolais pénalisés par les restrictions

Kenya: les médecins congolais sont victimisés sur le marché d'emploi.

 

 

Des médecins congolais tirent la sonnette d’alarme: plusieurs dizaines d’entre eux peinent à renouveler leur licence pour l’année 2026. Ils se disent victimes de nouvelles restrictions imposées par les autorités kényanes, visant à limiter la présence de praticiens étrangers.

 

Près d’une quarantaine de médecins originaires de la République Démocratique du Congo n’ont, à ce jour, pas obtenu le renouvellement de leur autorisation d’exercer. En cause : une politique gouvernementale , dont l’objectif affiché est de réduire le nombre de médecins étrangers et de favoriser l’emploi des praticiens locaux.

 

Ces dernières années, les médecins kényans ont multiplié les manifestations pour dénoncer le manque de postes disponibles dans les hôpitaux publics et privés.


« Les Kényans qualifiés doivent être prioritaires », a déclaré le ministre de la Santé pour justifier ces mesures.

Des exceptions sont toutefois prévues. Les spécialistes exerçant dans des disciplines en pénurie peuvent continuer à travailler, tout comme les ressortissants des pays membres de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC).

Une décision injuste 

La République Démocratique du Congo a rejoint l’EAC en 2022. Malgré cela, de nombreux médecins congolais affirment rester exclus du dispositif.

George Maloba, leur représentant, dénonce une situation qu’il juge injuste. Médecin généraliste, il exerce au Kenya depuis dix ans, tandis que certains de ses confrères y travaillent depuis plus de quinze ans. Installés avec leurs familles, ils se retrouvent aujourd’hui sans emploi et exposés à une grande précarité.

Le ministre de la Santé du Kenya reconnaît avoir retiré plus de 200 licences à des médecins étrangers. Il affirme vouloir protéger les praticiens kényans au chômage, évoquant notamment des hôpitaux employant majoritairement des médecins venus d’Égypte.

Cette démarche est soutenue par le principal syndicat médical du pays. Selon son secrétaire général, certains médecins étrangers accepteraient des salaires inférieurs, une pratique jugée défavorable aux professionnels kényans.

Pour George Maloba, les médecins congolais sont « victimisés ». Il appelle les autorités à régulariser rapidement leur situation.

GM / MM2

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