Sport, culture, jeunesse: Bruxelles veut raviver sa coopération humanitaire avec la RDC

Bruxelles relance sa coopération avec la RDC autour du sport, de la culture et de la jeunesse.

Plusieurs associations humanitaires belges et congolaises se sont réunies, vendredi 28 novembre 2025, à l’ambassade de la République Démocratique du Congo (RDC) située à Bruxelles, capitale de l’Europe.

 

Cette rencontre visait à renforcer leurs collaborations, à coordonner leurs actions sur le terrain. Elle avait également pour objectif de montrer comment la mutualisation des efforts peut transformer de simples actions caritatives en projets entrepreneuriaux durables.

 

Placée sous le thème : « Créer des ponts durables entre sport, culture, entrepreneuriat et solidarité », la rencontre s’inscrit dans la vision du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a rappelé Jean-Claude Mayindombe Nkie, chargé d’affaires a.i. de l’ambassade de la RDC au Benelux.

 

Professionnaliser les secteurs clés

 

« Au nom de l’ambassadeur Christian Ndongala, la structuration de ce concept contribue à professionnaliser les domaines concernés », a expliqué M. Mayindombe Nkie. 

 

Selon lui, cette conférence tombe à point nommé, dix jours après le discours du chef de l’État à l’ouverture, à Kinshasa, de la table ronde sur l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes. Ce forum est chargé d’identifier des stratégies et des mesures concrètes en faveur de la jeunesse. 

 

Du terrain au social : des sportifs engagés et porteurs d’initiatives

 

Les associations réunies dans le projet « 360 Sport et Art », qui organise la conférence, ont expliqué ceci : leur collectif accompagne la transformation et la diversification de leurs initiatives afin qu’elles deviennent de réelles sources de revenus.

Ex-footballeur international belge, Émile Mpenza a présenté son projet d’accompagnement des jeunes en situation de handicap en Belgique : « Chaque expérience peut servir à aider l’autre. C’est ainsi que notre association encadre des jeunes moins valides à travers le sport », a-t-il expliqué.

Autre initiative exposée : « Eau pour tous », soutenue par l’entreprise française « Serenity », qui développe un module capable de produire de l’eau potable à partir de l’air.

« Nous proposons des machines générant de 10 à 50 litres par jour, transportables notamment dans les zones rurales de la RDC », a indiqué Philippe Léonard, également ancien international belge et responsable marketing de la société.

 

Pascal Noël (Gauche), Émile Mpenza (au milieu) et Philippe Léonard (en pull noir) dévoilent leurs projets solidaires à l’ambassade la RDC.

 

 

Un orphelinat renforcé par la coopération

 

De son côté, Carole Donys Kuntima, fondatrice de l’orphelinat Gün Günna à Goma, a dénoncé la hausse du nombre d’enfants orphelins dans les zones sous occupation dans l’Est du pays.

Elle a salué le soutien de « 360 Sport et Art », qui lui a permis de financer le loyer du bâtiment accueillant 45 enfants.

Carole Donys Kuntima, fondatrice de l’orphelinat Gün Günna à Goma.

« Nous pourrions en accueillir bien davantage avec plus de moyens, mais nous avançons étape par étape pour garantir l’efficacité », a-t-elle précisé.

Culture et créativité : nouvelles voies de revenus

 

Dans le domaine culturel, Pascal Noël a évoqué son initiative de soutien aux artistes musiciens à travers une nouvelle ligne de bière baptisée : « Music Beer », lancée il y a quatre mois, dans un contexte où les revenus du streaming restent faibles.

Klay Mahungu, lui, a mis en avant la rumba congolaise, patrimoine immatériel mondial, qui pourrait — avec une gestion rigoureuse — devenir un moteur économique majeur pour la RDC. « Et si la musique congolaise était finalement la plus grande richesse du pays ? », s’est-il interrogé.

Plusieurs participants et participantes ont assisté à l’évènement dont Mme Lanesha Isako, passionée de la culture. 

À Bruxelles, ces initiatives montrent qu’en combinant talents, solidarité et créativité, la coopération entre la Belgique et la RDC peut dépasser l’urgence humanitaire et ouvrir de véritables perspectives économiques. La dynamique reste fragile, mais elle pourrait devenir durable si chacun y contribue.

Glodie Mungaba / MM2

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