Santé: l’Entreprise Tenke Fungurume Mining visée par un rapport accablant
L'usine de Tenke Fungurume Mining dans la province de Lualaba (VOA)
Une ONG américaine dénonce de graves crises sanitaires autour de la mine de Tenke Fungurume Mining (ETM), filiale de China Molybdenum Co (CMOC) dans la province de Lualaba.
Selon le rapport publié le 10 mars 2026 par l’Agence d’investigation environnementale (EIA), le géant chinois qui exploite deux de plus grandes mines de cuivre et de cobalt au monde, Tenke Fungurume et Kisanfu situées en République démocratique du Congo (RDC), est responsable de graves crises sanitaires dans la zone.
En 2023 et 2024, les communautés environnantes de Fungurume, cette ville minière dans la province de Lualaba, avaient alerté sur de graves problèmes de santé, notamment, « saignements de nez importants et des toux sanglants ». Mais aussi « des problèmes pendant la maternité ».
L’EIA, qui a réalisé des enquêtes durant trois ans, a révélé effectivement « une grave crise de santé publique » et « une pollution de l’air s’étendant sur plusieurs années et touchant des dizaines de familles et de travailleurs ».
Selon l’organisation, ces problèmes de santé sont attribués aux activités de la nouvelle usine de traitement de CMOC. À l’en croire « l’augmentation de la capacité de traitement de cuivre et de cobalt dans la mine de Tenke Fungurume et, en particulier, le fonctionnement de la nouvelle usine baptisée 30k semble être au cœur de la crise de santé publique ».

En effet, pour répondre à la demande internationale, CMOC a construit l’un des plus grands complexes de traitement de ces métaux, à proximité de la mine de Fungurume, capable de traiter « 30.000 tonnes de minerais par jour ». C’est ce qui est, selon l’EIA, à la base de ces crises de santé enregistrées.
Par ailleurs, les enquêtes ont affirmé que le gaz a « semblé avoir des effets particulièrement graves sur les enfants et les femmes, à cause du niveau largement supérieur aux normes de dioxyde de soufre (SO2), un gaz qui se dégage lors du traitement du cuivre ».
Malgré des témoignages alarmants recueillis par l’ONG, CMOC par sa filiale Tenke Fungurume Mining, a rejeté les allégations de pollution environnementale, leur impact négatif sur la population et tout lien avec ses activités, a-t-on appris.
Pour mémoire, en 2022, un autre rapport produit par l’ONG internationale Southern African Resources Watch (SARW) avait révélé que l’usine à chaud de Tenke Fungurume était la cause de la pollution des rivières, de l’air et de l’eau.
Arnaud Kabeya

