La démission de Modeste Bahati traduit-elle des tensions politiques au sein du Sénat congolais ?

Modeste Bahati quitte son poste au Sénat en République Démocratique du Congo pour apaiser les tensions politiques.

 

Un retrait anticipé de ses fonctions qui révèle des tensions persistantes au sommet des institutions congolaises.

 

En République Démocratique du Congo (RDC), la scène politique sénatoriale a connu un tournant notable avec la démission de Modeste Bahati de ses fonctions de deuxième vice-président de la chambre haute. Cette décision, annoncée le 18 mars, est intervenue avant même que les sénateurs ne se prononcent sur une pétition contestant son maintien à ce poste.

L’intéressé a justifié son retrait par une volonté d’apaisement, affirmant privilégier la cohésion interne de sa famille politique et éviter toute confrontation institutionnelle. Insistant sur son attachement à la majorité présidentielle, il a réaffirmé son appartenance à l’Union sacrée de la nation ainsi que sa loyauté envers le chef de l’État.

Tout en renonçant à ses responsabilités au sein du bureau du Sénat, il entend néanmoins poursuivre son mandat de sénateur, notamment en portant des initiatives législatives, dont un projet de loi relatif à la lutte contre les violences conjugales.

Cette démission s’inscrit dans un contexte de fortes tensions, alors qu’une commission spéciale venait d’être instituée pour examiner une pétition dirigée contre lui. Initiée par le sénateur Dany Kabongo, celle-ci aurait recueilli plus de quatre-vingts signatures et invoquait officiellement une supposée « incompétence » comme motif principal.

Cependant, au sein même de la majorité, certains observateurs relativisent cette justification. Ils suggèrent que les véritables motivations seraient d’ordre politique, en lien avec des déclarations controversées de Modeste Bahati concernant une éventuelle révision constitutionnelle. Ces propos, selon l’ancien vice-président du Sénat, auraient été sortis de leur contexte, alimentant une polémique disproportionnée.

Avant l’issue de cette séquence, son parti, l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC), avait dénoncé ce qu’il qualifiait d’acharnement politique, rejetant en bloc les accusations formulées contre son leader. Le soutien interne à Modeste Bahati s’est d’ailleurs manifesté par sa reconduction récente à la tête de la formation politique.

Ainsi, cette démission apparaît moins comme un simple acte individuel que comme le révélateur de recompositions et de rivalités persistantes au sein des équilibres politiques congolais.

Glodie Mungaba

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