Agression rwandaise: l’UE sanctionne des chefs militaires rwandais du mouvement terroriste du M23

Photo du siège de l'UE
Après un long moment d’attente, l’Union européenne vient de sanctionner le lundi 17 mars 2025 plusieurs personnalités et un responsable du secteur minier, en raison de l’offensive du groupe armé M23 soutenu par le Rwanda dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Quelques heures tôt, Kigali avait annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec la Belgique, accusant l’ex-puissance coloniale d’avoir « pris parti » pour Kinshasa « bien avant et pendant le conflit en cours » en RDC. Pour sa part, la Belgique regrette et promet de réciproquer.
Pressée notamment par la Belgique, l’UE vient a adopté des sanctions contre neuf (09) personnalités rwandaises et congolaises. Ces sanctions prévoient l’interdiction de se rendre dans l’UE ainsi qu’un gel des avoirs dans l’Union. Elles visent notamment trois hauts gradés de l’armée rwandaise Ruki Karusisi, Eugène Nkubito et Pascal Muhizi et Francis Kamanzi; le directeur général de l’Office rwandais des mines, du pétrole et du gaz (RMB). Quatre congolais cadres du M23, dont son chef Bertrand Bisimwa, sont également concernés.
De son côté, le Rwanda a annoncé, peu avant, la rupture de ses relations diplomatiques avec la Belgique. Chose qui était prévisible depuis le mois dernier après avoir mis un terme à l’aide au développement accordé par la Belgique.
« Le gouvernement du Rwanda a notifié aujourd’hui le gouvernement de la Belgique de sa décision de rompre les relations diplomatiques, avec effet immédiat », a déclaré le ministère rwandais des Affaires étrangères dans un communiqué. Une décision liée selon Kigali aux « tentatives pitoyables » de Bruxelles de « maintenir ses illusions néocoloniales ».
La Belgique, ancienne puissance coloniale à la fois de la RDC et du Rwanda, a été l’un des pays les plus critiques de Kigali depuis que le mouvement terroriste du M23, soutenu par Kigali, a lancé en décembre 2024 une offensive éclair dans l’est de la RDC, s’emparant de Goma, capitale du Nord-Kivu, et de Bukavu, capitale du Sud-Kivu.
Pour sa part, le Royaume de Belgique dit « regretter la décision disproportionnée du Rwanda de rompre ses relations diplomatiques et va à son tour déclarer persona non grata les diplomates rwandais en poste sur son sol », a réagi le chef de la diplomatie belge Maxime Prévot.
« Cette décision (…) illustre que lorsque nous sommes en désaccord avec le Rwanda, il préfère ne pas dialoguer », a-t-il ajouté sur X.
Notons que le dimanche 16 mars 2025, le président rwandais Paul Kagame avait déjà lors d’un meeting public, tiré à boulets rouges sur la Belgique, pays qui selon lui « nous a tués tout au long de l’histoire et revient sans cesse nous tuer davantage ».
Il a accusé la Belgique d’avoir favorisé la division ethnique au Rwanda, qui a abouti au génocide des tutsi en 1994.
« L’un des plus gros problèmes auxquels nous avons été confrontés est notre colonisation par un petit pays comme la Belgique, qui a découpé notre pays pour qu’il soit aussi petit qu’elle », avait encore dénoncé M. Kagame.
Pour mémoire tout ceci arrive dans un contexte où soutenu par quelque 4.000 militaires rwandais, selon des experts de l’ONU, le M23 qui dit défendre les intérêts des populations tutsi de l’est de la RDC, a repris les armes fin 2021. Aujourd’hui, le groupe armé contrôle plusieurs localités et deux grandes villes dans l’Est de la RDC.
Arnaud Kabeya